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Interview Expat : Adeline, PVTiste à Montréal

Interview Expat : Adeline, PVTiste à Montréal

Portrait d'Adeline à Montréal
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C’est en 2017 que cette jeune française s’est expatriée en plein hiver en direction de Montréal au Québec.

Lors de cette interview, Adeline explique ce qui l’a amené à s’expatrier dans la Belle Province, son arrivée et son quotidien au Canada.

// PRESENTATION

  • Prénom : Adeline
  • Age : 27 ans
  • Situation familiale : En couple
  • Profession : Chargée de communication/Marketing
  • Pays et Ville d’origine : France – Paris
  • Pays et ville d’accueil : Canada – Montréal
  • Nombre d’années en expatriation : 7 mois (début 2017)

// AVANT VOTRE EXPATRIATION

Qu’est-ce qui vous a amené à vous expatrier ?

Illustration d'une ampoule symbolisant une idée

Depuis très longtemps, je savais que je voulais vivre à l’étranger. Un stage de 6 mois à Londres n’a fait que confirmer cette envie. Lorsque j’ai rencontré mon copain, il m’a parlé du Canada et j’ai très rapidement accroché. A la base nous aimons tous deux les voyages, mais au-delà de cela nous avions très envie de tenter l’expérience de l’expatriation. Avec la difficulté à trouver en France un emploi qualifié dans mon domaine (marketing/communication), le climat social actuel qui y règne, et une qualité de vie au Canada toujours réputée comme étant bien meilleure, tous ces facteurs nous ont alors poussés à franchir le pas et à tenter l’expérience.

“Nous avions très envie de tenter l’expérience de l’expatriation.”

Les formalités ont-elles été compliquées à remplir ?

Oui ! Même si cela n’était pas forcément compliqué d’un point de vue administratif, le fait que nous souhaitions idéalement nous expatrier au Canada avec un Permis-Vacances-Travail (PVT) cela a été moins évident à réaliser car très long à obtenir. C’est un permis très souple qui permet de travailler (dans n’importe quelle entreprise) et/ou de voyager au Canada. Il faut quand même être conscient qu’il y a beaucoup de demandes et finalement très peu de places (environ 6.500).

Il nous aura fallu plusieurs sessions pour obtenir ce précieux sésame. Mon copain l’a d’ailleurs obtenu seulement 1 mois avant notre départ !

Photo de la ville de Montréal au Canada
Vue aérienne de la ville de Montréal (Canada)

Comment s’est déroulé votre déménagement ?

J’étais locataire en France. J’ai rendu mon appartement et mis en vente tout ce que j’avais. C’était principalement des meubles Ikea alors cela a été assez facile. Cependant une bonne anticipation et une réelle organisation a été nécessaire. Nous avons quitté la France avec 4 valises et 2 adorables chats sur les bras !

// AU COURS DE VOTRE EXPATRIATION

Parliez-vous anglais à votre arrivée ?

Nous sommes situés à Montréal, dans la partie francophone du Canada. Il n’est pas forcément nécessaire d’y parler anglais. Toutefois, il est très souvent demandé d’avoir un bon niveau d’anglais dans le milieu professionnel.

Est-il facile de se loger ?

Illustration avec un avion en papier et 2 mains

Oui. Il y a plus d’offres que de demandes donc en général il ne faut pas plus de 15 jours pour trouver un logement. Les démarches sont simplifiées par rapport à la France ; pas besoin de CDI, de caution, de garant ou bien encore de gagner 3 fois le montant du loyer. Bien entendu, il est certain que le loueur privilégiera une personne ayant un emploi, mais les démarches sont tout de même plus simples. Par contre, ça se complique un peu lorsque l’on a des animaux ; les propriétaires sont dans leur droit de ne pas vous louer leur bien. D’ailleurs c’est souvent spécifié dans les annonces : «  Animaux non acceptés ».

Votre intégration a-t-elle été rapide et vous êtes vous facilement adapté à votre nouveau pays ?

Nous sommes arrivés en plein hiver. Alors c’est sûr qu’il faisait vraiment froid. Je suis d’ailleurs tombée malade le lendemain de mon arrivée. Mais sinon, oui je pense que nous nous sommes adaptés très vite à notre nouveau pays d’adoption.

Avez-vous des amis locaux et quels sont vos conseils pour se lier d’amitié avec eux ?

Mon copain a certains de ses amis qui habitent à Montréal depuis plusieurs années et d’autres qui y sont nés. C’est sûr qu’il n’est pas spécialement facile de se faire des amis, mais je pense que c’est un peu pareil partout. Cela dépend de la personnalité de chacun. Il faut se motiver et sortir, faire des activités pour rencontrer du monde et sympathiser.

Le stade Olympique de Montréal
Le stade olympique de Montréal, d’une capacité de 56.000 places

Fréquentez-vous d’autres expatriés (français ou autre) ?

Oui car en France nous avions sympathisé avec des Français que nous voyons très souvent ici. Ma chaîne Youtube, Hello Panducci, m’a aussi permis de rencontrer pleins de filles très sympas.

“Les français sont malheureusement perçus comme des gens râleurs, hautains et plutôt radins !”

Comment sont perçus nos compatriotes ?

Ce n’est pas un cliché : les français sont malheureusement perçus comme des gens râleurs, hautains et plutôt radins ! Mais heureusement les Québécois savent faire la part des choses et ne généralisent pas. Et puis tous les français ne sont fort heureusement pas tous comme ça.

Quels sont les changements dans la vie de tous les jours qui vous ont le plus marqué ?

Évidemment le climat en hiver, la gentillesse des gens, la proximité avec la nature et la possibilité à coût plus faible d’habiter en plein centre de Montréal (en comparaison avec Paris).

Quels sont les plus et les moins de votre ville et pays d’expatriation ?

Quand on est en France, le Canada est perçu comme l’Eldorado du fait de l’image que renvoient les médias. Lorsque l’on prépare son expatriation, naturellement, on espère que tout va bien se passer et on a tendance à idéaliser son projet. Mais comme dans n’importe quel pays, il y a des avantages et des inconvénients. Et surtout quand on s’expatrie, il faut savoir s’adapter a son pays d’accueil et à ses coutumes. Par exemple, trouver un travail n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire.

Cheval et sa calèche dans les rues de Montréal au Canada - French Radar
Faire une ballade en calèche est une excellente idée pour découvrir la ville

Pour réussir son intégration, quel est le meilleur conseil que vous puissiez donner aux nouveaux expatriés ?

Bien préparer son expatriation, arriver avec beaucoup d’humilité et s’adapter au pays d’accueil.

Visiter le blog : Hello Panducci

VOTRE QUOTIDIEN D’EXPATRIEE

Portrait d'Adeline, Expatriée à Montréal - French RadarCôté professionnel, est-il facile de trouver du travail et y-a-t’il beaucoup de différences avec la France ?

Oui, il y a en effet plusieurs différences notoires. Au Québec, en général, nous n’avons pas 5 semaines de congés payés, mais seulement 2. Voire 3 ou 4 si vous négociez bien, ou si votre entreprise offre de bons avantages. Par contre, contrairement à la France, il est plus facile de poser des congés sans solde.

Le télé-travail (travail à partir de son domicile) est aussi plus courant et mieux accepté ici.

Côté salaire, on reçoit généralement notre paie toutes les 2 semaines, voire toutes les semaines pour certains.

Si je compare à Paris, car je ne sais pas comment ça se passe dans le reste de la France, ici on commence assez tôt, vers 8h du matin et on quitte le bureau vers 17 heures. Bien sûr, cela dépend une fois encore des entreprises, des postes etc. Les Québécois attachent une grande importance à leur vie de famille et ils aiment profiter de leurs soirées.

Street Art à Montréal
Le Street-Art est très présent à Montréal

Avez-vous conservé vos habitudes alimentaires ?

Oui. Aucun changement particulier à  noter. Certes le vin et le fromage coûtent plus cher qu’en France, mais nous n’en consommons que très peu… Nous nous sommes bien entendu adaptés aux différentes marques alimentaires, et nous mangeons aussi bien qu’en France.

Parlez-nous de l’offre culturelle et des loisirs proches de chez vous.

L’offre culturelle et les loisirs au Québec sont très riches. Que ce soit en été ou en hiver, impossible de s’ennuyer. Il y a toujours quelque chose à faire : des animations de rues, des événements, des festivals etc. Vous pouvez profiter des Musées, faire du shopping, vous mettre au vert grâce aux nombreux parcs, et enfin manger / bruncher dans de très bons restaurants.

“L’auto-médication est très fréquente à Montréal.”

Le système de santé répond-il complètement à vos attentes ?

Le système de santé ne diffère pas tant que ça pour les Québécois ou pour les détenteurs de la RAMQ (équivalent de la sécurité sociale en France) car tout (ou presque) leur est remboursé. Par contre, le Québec manque cruellement de médecins, alors il est très difficile d’obtenir un rendez-vous médical. Inutile d’espérer avoir un médecin de famille.

Par conséquent,  l’auto-médication est très fréquente à Montréal. On ne consulte le médecin uniquement quand cela est vraiment très urgent. En tant que PVTistes, nous ne sommes remboursés que pour des consultations dites « urgentes ».

Biosphère de Montréal
La Biosphère est un musée de l’environnement

Est-ce qu’il est facile de pratiquer du sport dans votre ville/région ?

Oui absolument ! Les Québécois sont de grands sportifs. Il existe de nombreuses salles de sports, mais aussi des complexes sportifs extérieurs où vous pouvez pratiquer le hockey, le football américain, le soccer, le tennis, le base-ball, le basket etc. Sachez que les piscines municipales sont gratuites. Dans les parcs, vous croiserez souvent des joggers, ou des groupes de personnes pratiquer du sport ensemble.

Voyagez-vous dans d’autres pays voisins ?

Oui, principalement aux États-Unis. On a été en Floride au Printemps 2017. Dans quelques semaines, nous partons découvrir les White Mountains situées dans le New Hampshire. Puis, on planifie d’aller dans le Sud (Cuba, Mexique, Bahamas), des destinations abordables depuis Montréal, qui nous auraient coûtées très cher depuis la France.

Globalement trouvez-vous le niveau de vie plus ou moins cher qu’en France ?

Je dirais qu’au final c’est équivalent. Les loyers et l’essence sont moins chers. Mais la nourriture, les forfaits internet et mobiles sont plus chers. Pour le transport, comparé à Paris, c’est sensiblement la même chose. Au niveau ameublement, je remarque que les prix sont plus élevés ici.

// VOS RACINES

Vous est-il déjà arrivé d’avoir “le mal du pays” ?

Non. Mais nous expatriés au Canada que depuis quelques mois.

Avez-vous conservé des contacts avec la France et à quelle fréquence y retournez-vous ?

Oui bien sûr, on est en contact quotidiennement avec nos proches en France. Mon copain est retourné dans l’hexagone au Printemps et sa famille est venue le visiter cet été. Pour ma part, je ne prévois pas d’y retourner dans l’immédiat.

// CONCLUSION

Avez-vous d’autres projets d’expatriation ?

Pour le moment, nous sommes bien au Québec, nous souhaitons profiter à fond de notre PVT. Nous envisageons de demander la Résidence Permanente, mais on verra le moment venu.

Si vous deviez choisir un tout dernier conseil pour les futurs expatriés français, lequel serait-il ?

Je vous conseille de ne pas trop écouter vos proches et de penser à vous, vos envies, vos rêves. Certains seront tout simplement contre votre projet, ou vous mettrons en garde par bienveillance (ou par jalousie parfois). Je vous conseille de vous écouter.

Bien sûr, il faut suffisamment bien préparer son expatriation, faire des recherches approfondies sur le pays où vous comptez vous installer. Ne foncez pas tête baissée parce que vous avez entendu à la TV que le Canada était le meilleur pays du monde ! Retenez qu’il y a comme partout des avantages et des inconvénients. Certaines personnes s’expatrient et finalement détestent la destination qu’elles ont choisie, ou bien ne trouvent pas de travail. Pour d’autres, fort heureusement tout se passe très bien.

Enfin, chaque expérience est différente. Peu importe l’issue de votre expatriation, que ce soit positif ou négatif, vous n’aurez à priori pas de regret d’avoir tenté l’expérience. Elle vous aura personnellement fait évoluer en vous faisant découvrir de nouvelles facettes de votre personnalité.

Il est vrai qu’il n’est pas donné à tout le monde de franchir le pas, de pouvoir tout quitter pour s’expatrier. Il faut une certaine dose de courage !

Vidéo de Montréal

Découvrez le superbe reportage “Un été à Montréal” de l’émission Echappées belles (diffusée sur France 5).

“Cosmopolite et accueillante, forte des vagues d’immigration qui ont bâti son histoire, Montréal ne cesse de se réinventer. Du Vieux Port, témoin du passé, au cœur du Mile End, âme de la cité, en passant par les étendues vertes des parcs nationaux, Montréal cultive une douceur de vivre qui fait aujourd’hui sa réputation. Raphaël de Casabianca sillonne les rues et les places de cette ville à mi-chemin entre les États-Unis et l’Europe, où solidarité et convivialité sont devenues des principes de vie.” 

Laissez vous transporter par la beauté des paysages canadiens !  Un reportage à voir et revoir sans aucune modération. Simple !

Vidéo reportage : Un été à Montréal

Sélection de la Rédaction

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