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Interview Expat : Thomas à Sydney

Interview Expat : Thomas à Sydney

Thomas de Sydney avec sa compagne
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Originaire de Bretagne, Thomas avait besoin de faire un grand break d’une année, en s’assurant un dépaysement total. Destination choisie pour l’aventure ? L’Australie bien sûr !

Une année sabbatique sous le soleil australien avec quelques imprévus au programme mais qui c’est depuis transformée en véritable expatriation. Rencontre avec ce jeune français qui semble être l’homme le plus heureux du monde. Témoignage.

// PRESENTATION

  • Prénom : Thomas
  • Age : 34 ans
  • Situation familiale : (presque) marié et futur (heureux) papa !
  • Profession : Architecte
  • Pays et Ville d’origine : France > Lorient / Toulouse
  • Pays et ville d’accueil : Australie > Sydney
  • Nombre d’années en expatriation : depuis août 2015

// AVANT VOTRE EXPATRIATION

Qu’est-ce qui vous a amené à vous expatrier ?

Illustration d'une ampoule symbolisant une idée

A la base, le plan n’était pas une expatriation mais un break d’1 an. Ce n’est qu’une fois sur place que cette année sabbatique s’est transformée en expatriation plus… durable. Mais la durée ne change pas la motivation originelle : la principale raison du départ était une sorte de ras-le-bol général, un sentiment de tourner en rond, que ce soit personnellement ou professionnellement, et malgré un confort matériel certain et un avenir professionnel assez serein, après 10 ans à gravir les échelons d’une très intéressante compagnie.

Après avoir pensé « tout plaquer » du jour au lendemain, j’ai finalement opté pour une approche plus organisée : j’ai consulté quelques sites internet, géré l’administratif puis je me suis lancé dans l’aventure australienne… C’est loin, la langue n’est pas le français, les villes sont construites au bord des plages… Le dépaysement était assuré, et là était aussi l’objectif !

Les formalités ont-elles été compliquées à remplir ?

La question revient à savoir pourquoi l’Australie et pas une autre destination. Comme quelques autres pays (Argentine, Japon, Nouvelle-Zélande…), à l’époque de ma prise de décision, l’Australie proposait des “Working Holiday Visa” d’1 an, pour tout français (ou autre nationalité) de moins de 31 ans : aucune autre condition sinon d’avoir au moins 5.000 $ (australiens bien sûr) sur son compte en banque.

Côté australien, donc, les formalités ont été minimales : 400 $ plus quelques heures à remplir le formulaire sur le site internet de l’immigration australia.gov.au, et quelques heures plus tard, le visa était dans ma boite mail.

Côté français, j’ai demandé un congé sabbatique à la compagnie pour laquelle je travaillais et fais la liste des démarches à effectuer (impôts, sécu, poste, assurances, banques…), au final rien de plus compliqué que quelques courriers à envoyer : j’ai le sentiment que l’expatriation est de plus en plus courante, donc les administrations et institutions commencent à avoir l’habitude !

Lorsque la compagnie australienne pour laquelle je travaillais sous mon « WHV » visa m’a proposé de rester plus longtemps, il nous a fallu faire une demande de visa de Résidence Temporaire (sponsorisé) et là il faut davantage de paperasses (diplôme traduit, référence des précédents employeurs…). Et il en a fallu une couche de plus (historique des bulletins de salaires, des pays visités…) lorsqu’on a décidé de faire une demande de Résidence Permanente mi-2017.

Pont Sydney Australie Opera House
Sydney Harbour Bridge (Pont de Sydney)

Comment s’est déroulé votre déménagement ?

Le plus simplement du monde : une seule et unique valise de 20 kg
En vrai, vu la masse accumulée depuis une dizaine d’années, il m’a fallu vendre mon ordinateur, ma voiture, mettre mon appartement en location et séparer le reste en 2 catégories : les affaires à débarrasser et celles à empiler dans des cartons qui sont maintenant stockés dans le garage d’une amie.

Une fois arrive en Oz, j’ai racheté ou récupéré ce dont j’avais besoin : un ordinateur (les claviers ne sont pas exactement les mêmes qu’en France, autant se mettre aux habitudes locales pour ça aussi), des vêtements… Plus du matériel de camping, de la vaisselle et des meubles lorsque j’ai réellement posé mes valises à un endroit (6 mois après être arrivé, a peu de choses près).

Aucun regret de cette “remise à zéro” : si le but est de changer de vie, autant laisser le plus possible derrière soi !

// AU COURS DE VOTRE EXPATRIATION

Parliez-vous anglais à votre arrivée ?

Illustration avec un avion en papier et 2 mains

Les bases scolaires, et les dernières séries américaines visionnées en VO sous-titrées en guise de recyclage… Sans doute pas assez pour débarquer convenablement dans un pays anglo-saxon.

Du coup, pour me remettre à niveau, et accessoirement rencontrer du monde, je me suis inscrit 3 mois dans une école d’anglais, en l’occurrence Langports à Brisbane. Aucun regret là non plus : il faut mettre la main au portefeuille, bien sûr (dans les 1.500 $ par mois), mais la remise en selle est réelle, ça facilite énormément les rencontres, et en prime l’école organisait très fréquemment des week-ends de découverte des alentours.

“Malgré notre réputation, les français parlent plutôt bien anglais”

J’ai d’ailleurs constaté que malgré notre réputation, les français parlent plutôt bien anglais (ma compagne ne parle pas français, j’ai donc pu voir beaucoup d’amis français faire de leur mieux pour parler anglais avec elle, même ceux qui m’ont assuré ne pas savoir parler un mot ont pu discuter avec elle !). Mais souvent nous n’osons pas nous lancer, de peur de mal dire ou de mal prononcer peut-être… Cependant en Australie, les gens sont habitués aux étrangers et aux accents. Et curieusement, les anglophones trouvent l’accent français charmant, donc n’hésitez plus !

Est-il facile de se loger ?

Second volet de la question précédente : avec les 3 mois à l’école d’anglais venaient 3 mois au pair dans une famille australienne… Etrange pour un mec, encore plus âgé de plus de 30 ans, mais pourquoi pas ? Non seulement ça règle le problème du logement mais ça aide aussi drôlement à l’immersion ! Même si ca fait un peu bizarre de revenir dans un style « habiter chez ses parents ». J’ai eu à m’occuper d’une fille de 9 ans, qui ne prenait pas de gants pour parler anglais, autant vous dire que vous avez intérêt à vous adapter vite dans ce type de situation. Donc pour compléter la question précédente : entre loger dans la famille australienne et l’école d’anglais, mon niveau d’anglais a fait de sérieux progrès en peu de temps.

Après ces 3 mois, il a fallu bien sur me loger par moi-même : sur Brisbane c’est assez facile (d’autant qu’entretemps j’ai rencontré mon actuelle compagne, originaire de Taïwan, avec qui je me suis installé relativement rapidement, puisque j’étais sans-abri au même moment), et les prix restent abordables.

“Sur Sydney les logements décents sont chers, voire très chers”

Lorsqu’on a bougé sur Sydney quelques mois plus tard, ça a été une autre paire de manche : les logements décents sont chers, voire très chers si vous ne voulez pas de colocation… Mieux vaut être très réactif si vous voyez une chambre qui vous semble acceptable ! En faisant gaffe aux arnaques bien sûr : comme partout, des gens mal intentionnés abusent d’étrangers en situation de stress…

Le bon côté des choses, néanmoins, est l’incroyable simplicité des démarches : pas besoin de garant, de références, de CDI ou autre ; à partir du moment où vous présentez correctement et où vous payez la ” bond ” (vocabulaire immobilier des pays anglophones) et les semaines de loyer en avance comme convenu, il n’y aura pas de problèmes.

Votre intégration a-t-elle été rapide et vous êtes vous facilement adapté à votre nouveau pays ?

Je suis du genre plutôt flexible dans mon style de vie, mais plutôt lent pour socialiser. A partir du moment où il y a un peu de choix pour manger, de jolis endroits pour les photos et des gens sympas et ouverts… Du coup, l’adaptation à l’Australie s’est faite sans problèmes !

L’intégration (comprise au sens social), en revanche, n’a pas été aussi rapide : il est assez facile de rencontrer du monde, même de se faire des connaissances, voire des amis pour qui est rapide pour cela… Mais ce n’est pas mon cas : il me faut du temps pour nouer des relations, et en Australie malheureusement, beaucoup de gens ne restent que quelques mois, sinon moins, au même endroit…
Si je n’avais pas rencontré mon actuelle compagne  ici (qui elle, socialise plus facilement que moi), l’expérience australienne aurait été complètement différente, voire même se serait terminée comme prévu, après un an.

Jeunes aborigènes dans une rue de Sydney en Australie

Avez-vous des amis locaux et quels sont vos conseils pour se lier d’amitié avec eux ?

Nous avons des amis australiens, mais aucun n’est né en Australie, ce qui limite quelque peu leurs relations à ce pays. On a essayé de rencontrer de “vrais” (entre guillemets car cette définition est une vraie question, pour moi !) australiens mais ça n’a pas débouché sur de véritables relations amicales, sans doute ont-ils déjà leur cercle d’amis. Mais d’autres expats, soit plus sociables que nous, soit en mode plus nomade, y sont arrivés et disent tous que les Aussies sont très sympas !

Le seul début de conseil que je puisse donner est d’aller là où les Australiens sont : dans les festivals locaux ; sur les marchés ; ou encore autour des barbecues, au bord des plages, le week-end.

Fréquentez-vous d’autres expatriés, français ou autre ?

Thomas et Amber souriants à Brighton Beach

En Australie, il sera très difficile d’éviter les expatriés ! Mes collègues de boulot viennent de partout dans le monde (pour vous donner une idée, on a peut-être 25% d’australiens dans la compagnie, et moins du quart d’entre eux sont nés en Oz…) et ou qu’on aille (camping, plage, rando…) on croise des européens, des américains, des asiatiques, des moyen-orientaux… Nos plus proches amis sont originaires de Taïwan, Pays-Bas, Chine, Maurice, Brunei, USA, Espagne…

Seul problème : la plupart des expatriés ne restent pas longtemps dans le même coin… Voire dans le pays. Et pour moi, qui comme je le disais ne suis pas des plus rapides pour créer un réseau social, ce turn-over est assez frustrant !

Comment sont perçus nos compatriotes ?

Ce sujet faisait partie de mes craintes, car les français ont la réputation de voler à l’étalage (la raison n’étant pas -j’espère- dans une nature voleuse mais dans un manque d’anticipation quant au coût de la vie en Australie, cela a donné la malheureuse expression “french shopping“, et ce n’est pas une légende : quand j’ai passé quelques jours en auberge de jeunesse à Sydney, j’ai même entendu des français s’en vanter… Pitoyable).

“Les français sont perçus conformément à l’image d’Épinal : plutôt lents, aux manières élégantes, portés sur la romance…”

Malgré cette honteuse réputation, je n’ai jamais senti un quelconque mauvais préjugé envers les français… Les australiens semblent conserver une ouverture d’esprit certaine concernant les français, et les européens en général, et parmi les autres “communautés”, les français sont perçus conformément à l’image d’Épinal : plutôt lents, aux manières élégantes, portés sur la romance…

A noter aussi que beaucoup d’étrangers (plus que je ne l’aurai cru) adorent la langue française, et vous gratifieront d’un “bonjour” à partir du moment où ils sauront que vous êtes français (assez rapidement donc, difficile de faire illusion longtemps avec notre accent à couper à la tronçonneuse et avec nos nombreuses expressions traduites littéralement…).

Quels sont les changements dans la vie de tous les jours qui vous ont le plus marqué ?

Clairement, le fait de passer d’une activité professionnelle très intense à une vie étudiante. Mais ce statut n’a été que provisoire, 6 mois plus tard je reprenait déjà une vie professionnelle, quoique notablement moins intense. Et entretemps tout a changé : on est maintenant 2 à partager l’aventure, et très bientôt un petit bout d’homme devrait nous rejoindre.

Les changements ne sont donc pas directement lies au pays, plutôt à ce qui s’y est passé… En dehors de ça, l’Australie est très similaire au l’Europe occidentale et il n’est pas difficile d’y retrouver ses repères !

Art de rue : requin en métal

Quels sont les plus et les moins de votre ville et pays d’expatriation ?

A la rubrique des moins (dont on n’a pas encore parlé par ailleurs, comme la nourriture et le coût de la vie) : les animaux. Oui, le continent regorge d’animaux dangereux, araignées, requins, serpents… Et j’ai peur de tous ceux-là (les cafards et les rats, plutôt courants aussi, ça va à peu près)… Surtout depuis que j’ai vu un serpent nager en mer en faisant du kayak à Moreton Island, et vu un (petit) requin en m’essayant au surf à Byron Bay. Peu d’animaux se risquent en ville, cela dit, c’est plus dans le bush ou les parcs nationaux qu’une attention particulière est requise.

A la rubrique des plus : la qualité de vie (un climat plus que clément, des paysages grandioses, la mer a une demi-heure des villes… Même le ciel a l’air plus vaste qu’en Europe, et bonus : il est très facile d’admirer un magnifique ciel étoilé !) ; la culture locale (les gens sont plus détendus qu’en France, la religion en vigueur est celle de la bière fraiche, du barbecue (qu’on trouve facilement et partout) et du surf ; les facilités administratives (en comparaison avec la France, c’est hyper simple d’ouvrir un compte en banque, d’obtenir le moindre papier, de déclarer ses impôts…).

Pour réussir son intégration, quel est le meilleur conseil que vous puissiez donner aux nouveaux expatriés ?

Evitez les français ! Curieux conseil, non ? Ce n’est pas si facile, tant il est naturel d’aller vers ceux qui partagent votre culture, mais ça vaut le coup : les progrès en anglais et l’immersion sont bien meilleurs. Bien entendu, pas la peine d’être extrémiste, d’autant que certains français sont volontaires pour converser 100% en anglais (ça sonne très bizarre, je vous l’accorde…), et parfois on se sent nostalgique de la langue maternelle (ou bien on se file la tête comme un melon à ne parler / penser / écouter qu’en anglais du matin ou soir).

Conseil corolaire : allez vers les autres ! Ça c’est assez facile si l’on voyage seul, peut-être moins si l’on voyage en groupe, mais c’est la condition nécessaire non seulement pour rencontrer du monde, mais aussi connaitre les bons tuyaux, les meilleurs spots, les bonnes heures pour aller à tel ou tel endroit, etc…

Ici comme partout, le Lonely Planet ne remplace pas les locaux !

// VOTRE QUOTIDIEN D’EXPATRIE

Avez-vous conservé vos habitudes alimentaires ?

Thomas et Amber de Sydney

Non, mais pas du fait de l’Australie… Ma compagne est non seulement Taïwanaise mais elle est aussi Chef cuisinier. De manière assez logique, notre cuisine est du coup remplie d’ingrédients asiatiques et même si je cuisine quelques gâteaux ou des recettes européennes de temps à autre, les plats sont à 90% chinois, japonais ou coréens…

Quant à savoir si j’aurais pu conserver mes habitudes alimentaires, pas sûr. Pas sûr car si les légumes et fruits disponibles sont assez variés en Australie, les produits manufacturés sont moins faciles à trouver… Ou chers, car importés. Et ne comptez pas tomber à chaque coin de rue sur des spécialités régionales de derrière les fagots : le mieux pour ça ce sont les visites de famille et d’amis pour importer soi-même un morceau de charcuterie ou un kouign amann (faites gaffe a la douane, en passant… Ils n’ont jamais été trop tatillons avec nous mais d’autres ont eu moins de chance, surtout avec les colis postaux);

Côté professionnel, est-il facile de trouver du travail et y-a-t’il beaucoup de différences avec la France ?

Pas énormément : les horaires théoriques sont très similaires, lundi – vendredi, 9h -18h ; les horaires réels aussi, en fonction des pics d’activité ou des périodes de creux ; et les principes de base sont aussi les mêmes…

Pour un salarié, les congés annuels minimums sont de 4 semaines au lieu de 5, mais la loi offre aussi 10 jours de congés personnels, qui peuvent se prendre au pied levé pour des raisons diverses (maladie, urgence personnelle, etc). Comme les compagnies ne demandent pas de justificatifs en-deçà de 2 jours, ces jours sont parfois utilisés de manière encore plus variée.

Pour être plus spécifique à mon métier, les différences portent sur les méthodes, les logiciels (les agences australiennes utilisent Revit) et sur les détails constructifs. Sans rentrer dans trop de détails, disons qu’en Australie les architectes sont très souvent dominés par les constructeurs (en France ils le sont maintenant de plus en plus aussi…), et que les marchés en lots séparés (un contrat avec un maçon, un avec un plombier, un avec un menuisier, etc) sont très rares ici, ce qui est de mon point de vue dommage.

Le point positif est une ambiance un peu plus « relax » dans les compagnies. Peut-être est-ce aussi parce qu’en ce moment les employés sont plus rares que les emplois, mais chaque semaine se finit par un apéro collectif, et les évènements « corporate » ne sont pas rares (Noël, gâteaux hebdomadaires…).

“L’électricité est très chère, mais le gaz est bon marché !”

Les infrastructures publiques sont-elles suffisamment développées ?

Oui, au moins autant qu’en France, en tout cas à Sydney (au milieu du pays, ce sera peut-être un brin plus complexe) : les transports publics (train et bus bien sûr, mais aussi ferry ! Drôlement agréable de rentrer du boulot en bateau…) sont efficaces et rapides (quoique relativement chers) ; les routes sont de qualité (et majoritairement gratuites, certaines ont un péage, plutôt faible comparé aux prix pratiqués dans l’hexagone) ; les parcs urbains sont grands et super agréables ; les réseaux fonctionnent parfaitement. Bon, d’accord, l’électricité est très chère, mais le gaz est bon marché !

Et contrairement à ce que j’avais pu lire avant de m’expatrier, internet et les réseaux mobiles sont développés : il est facile de trouver du wifi gratuit et les abonnements illimités sont compétitifs. Même si Free n’existe pas en Australie, les forfaits téléphoniques (quoique parfois décrits d’une manière incroyablement compliquée) sont presque aussi intéressants que les tarifs en France.

Parlez-nous de l’offre culturelle et des loisirs proches de chez vous.

Il est très facile de trouver une bibliothèque (et s’y inscrire est gratuit). De même Sydney et ses différents quartiers (suburbs) propose bon nombre d’activités (expositions, festivals, musées…), pour certains gratuits ou très bon marché, et la ville compte plusieurs grands théâtres, dont le fameux Opera House.

En terme de loisirs, tout est disponible à portée de main (à l’échelle australienne, ici personne n’a peur de faire 2 ou 3 heures de voiture) : la mer et la plage, la montagne (on peut même skier en hiver, mais a environ 5h de route) et la randonnée… Avec comme dénominateur commun : les barbecues !

“Le système de santé est acceptable pour un pays anglo-saxon”

Le système de santé répond-il complètement à vos attentes ?

De ce point de vue, l’Australie est un pays anglo-saxon (c’est-à-dire que le système de santé est de qualité mais très cher et en grande majorité privé) avec un soupçon de socialisme (Medicare, un équivalent de notre Sécurité Sociale, qui couvre les besoins basiques, hors spécialistes, à 100%).

On a pu tester tout ça à diverses reprises, pour de la “bobologie” et plus récemment pour le circuit menant à l’accouchement : pendant les 2 premières années nous avions un visa temporaire, et donc une assurance privée (plus ou moins équivalent de nos mutuelles je dirais) qui couvrait les frais médicaux à hauteur d’un certain pourcentage, variant bien sûr en fonction des options choisies, qui influent évidemment sur le coût mensuel.

Par exemple, les frais dentaires n’étaient pas couverts, et une simple carie à traiter peut coûter plusieurs centaines de dollars, une couronne ira même chercher un zéro de plus !

Depuis que nous avons la Résidence Permanente, nous sommes inscrits à Medicare, et avons conservé une assurance privée complémentaire pour les frais de spécialistes. Ainsi, le docteur généraliste ainsi que le parcours prénatal est pris en charge à 100%, les lunettes sont aussi remboursées et une petite partie des frais dentaires…

Bref, si vous avez de bonnes dents, le système est acceptable (en tout cas pour un pays anglo-saxon).

“Pour qui veut faire du sport, l’Australie est une destination idéale !”

Est-ce qu’il est facile de pratiquer du sport dans votre ville/région ?

Pour qui veut faire du sport, l’Australie est une destination idéale : de grands espaces piétonniers en bord de mer, des équipements publics (barres de tractions et autres) un peu partout, la mer (et tout ce qui va avec : surf, nage, planche à voile…), des piscines semi-naturelles (oceanic pool) tous les kilomètres de côte… Et surtout, beaucoup de sportifs prêts à vous encourager !

Il est fréquent de voir des collègues de bureau arriver en survêtements le matin, parce qu’ils sont passés à la piscine en sortant de chez eux ; ou bien de les voir enfiler leurs vêtements de sport pour aller jouer au foot ou bien courir entre midi et deux. D’ailleurs, la plupart des immeubles de bureaux sont équipés de douches, de vestiaires, de parking à vélos (avec station de pompage, svp).

Intérieur d'un grand magasin de Sydney avec vue sur l'horloge

Voyagez-vous dans d’autres pays voisins ?

Alors, des pays voisins, il n’y en a pas des masses ! En dehors de la Nouvelle-Zélande, certes. Les australiens partent facilement à Bali ou à Fidji, on ne l’a pas encore fait car on prévoit d’explorer notre pays d’adoption d’abord : cœur rouge, Tasmanie, Western Australia… L’ile-continent regroupe plusieurs “pays” en lui-même, il y a donc des centaines de voyages à faire avant de s’ennuyer !

Globalement trouvez-vous le niveau de vie plus ou moins cher qu’en France ?

Comparée à la Bretagne ou au Sud-Ouest (c’est sans doute différent si on compare avec Paris), l’Australie est chère. En tout cas Sydney, et surtout pour le logement (ne sous-estimez surtout pas ce poste quand vous préparez votre budget : beaucoup sont surpris en arrivant ! Et n’oubliez pas que les loyers sont toujours affichés et discutés par semaine, même si à quelqu’un venant d’une province française, le montant pourrait faire penser qu’ils sont par mois…). Pour le reste, il y a souvent moyen de moyenner : certains jours, certaines heures, certains endroits… Surtout pour la nourriture, Sydney dispose de pas mal de marchés alimentés par les producteurs locaux. Gumtree (le site internet local pour Le Bon Coin) est également une véritable mine de bonnes occasions.

Les salaires sont également plus élevés qu’en France, et ce dans de nombreux domaines, donc mis l’un dans l’autre, il est possible de s’en sortir sans problème.

// VOS RACINES

Illustration d'un coq aux couleurs de la FranceVous est-il déjà arrivé d’avoir “le mal du pays” ?

Sans aller jusque-là, j’aurais aimé pouvoir rentrer plus souvent… Mais l’Australie est loin, très loin. De tout d’ailleurs, pas seulement de la France. Le voyage prend au bas mot 24h, plutôt 36 en comptant les trajets entre aéroport et “lieu utile”, voire davantage si vous prenez un billet pas cher, qui soit n’atterrit pas dans le plus proche aéroport, soit prévoit de longues escales…
Mais je ne suis pas dans le pays depuis longtemps, ce n’est peut-être pas assez pour avoir eu le « mal du pays »…

Avez-vous conservé des contacts avec la France et à quelle fréquence y retournez-vous ?

Famille, amis et autres relations y sont toujours, donc les contacts sont clairement conservés… Encore qu’avec 8 à 10 heures de décalage horaire ça ne soit pas toujours facile…

Les applications de chat, conçues pour discuter en temps réel, fonctionnent plutôt avec une question le soir, pour laquelle tu as la réponse le lendemain matin, puis tu réponds, et attends qu’il fasse jour en France pour savoir la suite, etc…

J’essaye d’y retourner une fois par an. Comme ça ne fait qu’un peu plus de 2 ans que je suis en Australie ça n’est pas trop difficile, cette fréquence pourrait glisser vers une fois tous les 2 ans… Le coût est une première préoccupation, le temps est encore plus problématique : l’Australie n’offre “que” 4 semaines de congés payés et comme évoqué dans la question précédente, le voyage prend du temps… Et dans notre cas personnel, nous avons 2 pays d’origine (France et Taïwan), pour ne rien simplifier !

Malgré la distance, vous sentez-vous toujours concerné par la politique en France ?

Bien sûr ! Peut-être parce que la politique m’intéressait déjà beaucoup avant de partir… L’application “Le Monde” fait partie des plus utiles de mon téléphone, et de manière très commode, la France permet de voter à Sydney, il est donc facile de participer, en plus de s’intéresser !

En revanche, je ne me suis pas des masses intéressé à la politique australienne, sans doute devrais-je.

Qu’est-ce qui vous manque le plus de l’hexagone ?

Les amis, les collègues, le pain, les crêpes, pouvoir être là pour les évènements qui comptent… Malheureusement, l’Australie est loin de tout, et la culture culinaire (à l’exception notable du pain à l’ail, de la viande (grillée, et non brûlée comme certains locaux l’aiment), et du lamington) est loin d’être aussi riche ici qu’en France…

Les livres de poche et les bandes dessinées, aussi. Ça parait stupide, mais je ne me suis pas fait aux comics américains et aux Mangas Japonais, seuls disponibles de ce côté du globe, et je ne comprends pas pourquoi toutes les librairies ne vendent que des livres grand format : cher et peu commode.

Les bonnes boulangeries à Sydney sont rares et chères, voire très chères, mais si un point positif doit être noté, c’est le grand nombre de restaurants ouverts par des immigrés de tous les horizons : cela créé une offre très variée, généralement de qualité (et dont l’abordabilité varie en fonction du continent d’origine de l’immigré en question).

Astuce expat : Consultez l’Annuaire French Radar pour retrouver tous les commerces français de Sydney

// CONCLUSION

Illustration d'un trèfle à quatre feuilles sur fond bleuAvez-vous d’autres projets d’expatriation ?

On n’a pas gravé l’Australie, ni Sydney, dans le marbre… L’idée actuelle est de rester quelques années en Oz, peut-être en changeant de ville (Perth, sur la côte ouest, m’attire bien, ou alors Brisbane, où on a passé 6 mois) ; avant de voir si un changement d’air est nécessaire : retourner en France, essayer Taïwan pour quelques temps, ou choisir un coin entre les 2 (Singapour, par exemple…)

Si vous deviez choisir un tout dernier conseil pour les futurs expatriés français, lequel serait-il ?

Renseignez-vous, réfléchissez et préparez… Mais pas trop ! Au bout d’un moment, il ne faut pas trop lire ou écouter les autres, il faut prendre une décision, foncer et vivre l’expérience par vous-même.

Après tout, le seul vrai risque est de contracter une addiction au voyage et à la découverte… Et pour cela il n’y a malheureusement qu’un seul remède : continuer.

En plus de ça, il y a de grandes chances que les choses ne se passent pas (du tout) comme prévu : gardez une (généreuse) place pour l’inattendu !!

Consulter le blog : Tom Down Under

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