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Interview Expat Pro : Adrien, JRI français à Miami

Interview Expat Pro : Adrien, JRI français à Miami

Adrien Rappoport, JRI français expat Miami Beach
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Véritable chef d’orchestre du reportage, Adrien Rappoport aime parcourir le monde avec sa caméra sur l’épaule, se fondre dans toutes sortes d’univers, pour réaliser des documentaires commandés par les chaînes de TV et agences de presse internationales.

Installé en famille à Miami Beach depuis 2013, ce français originaire de Paris a une véritable passion pour son métier. Connu pour la qualité de ses images, il est une référence dans le monde de l’audiovisuel. French Radar l’a rencontré afin qu’il s’exprime sur son expatriation aux USA, et pour qu’il nous fasse découvrir sa profession qui le fait voyager aux quatre coins du monde. Rencontre expat.

Pour les lecteurs de French Radar qui vous découvrent, pourriez-vous vous présenter ?

Je suis Adrien Rappoport, j’ai 39 ans et je suis né à Paris (France). J‘habite à Miami Beach depuis 8 ans, ville où mes deux enfants sont nés.

Vous vivez donc actuellement en Floride aux Etats-Unis, est-ce votre première expatriation, et pourquoi cette destination ?

Non, ma première expatriation a eu lieu à Londres (Royaume-Uni) durant une année entière, lorsque j’étais étudiant. Mais je considère que la “vraie” expatriation c’est celle que j’expérimente actuellement aux USA.

Il y a quelques années de cela, j’ai été repéré par une agence de presse internationale qui recherchait un journaliste avec une bonne expérience du terrain. Je me souviens qu’à l’époque, je suis parti en direction des Etats-Unis en laissant mon scooter garé devant chez moi, en pensant que ce ne serait que pour quelques mois. Mais une fois arrivé en Floride, dès que j’ai passé les portes de l’aéroport de Miami, j’ai eu un grand coup de foudre pour la ville, sa culture et ses habitants.

Vous êtes JRI (journaliste reporter d’images), un métier assez peu connu du grand public. En quoi consiste-t-il ?

Adrien Rappoport, JRI français expat Miami

C’est un métier multitâche. Il faut être capable de produire des images et poser des questions en même temps. Concrètement, je suis responsable de la confection du sujet du reportage du début à la fin. Je repère les protagonistes et prends contact avec eux, prépare les différentes séquences, filme et interroge.

Dans ce métier, il faut vraiment aimer le contact humain et avoir un peu la bougeotte, car le quotidien ne se passe pas comme derrière un ordinateur de bureau.

Quel a été votre parcours pour devenir journaliste reporter d’images ?

J’ai fait une double licence histoire et sociologie, puis l’école de journalisme de Toulouse.

Quelles qualités caractérisent un bon JRI ?

Il est impératif d’être polyvalent, humble et aimer partir à la découverte des gens. Il faut aussi être curieux et faire preuve de rapidité et de souplesse en toutes circonstance. Le JRI doit pouvoir entrer en douceur et de manière habile dans l’intimité des personnes qu’il interroge, les mettre en confiance afin de leur permettre d’exprimer toutes leurs émotions. Il doit également “avoir un certain œil”. Cela veut dire qu’il doit penser en permanence à la manière de raconter l’histoire qu’il est en train de filmer.

Reconnection, société de production vidéo d’Adrien Rappoport

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans cette profession ?

Le fait d’être en extérieur, en action sur le terrain.

J’aime parcourir le monde avec ma caméra, me fondre dans toutes sortes d’univers, sans jamais juger. Je suis là pour écouter, faire parler, retranscrire à travers mon regard et ma sensibilité. Je suis fasciné par toutes les contre-cultures, les phénomènes de société, les nouvelles tendances et surtout par les individus qui les portent.

Avec quel matériel travaillez-vous pour réaliser vos reportages ?

Je travaille principalement avec deux outils : une grosse caméra Sony Fs7 avec laquelle il est possible de tourner avec tous les formats. Elle est très stable. Puis une autre caméra qui ressemble à un appareil photo. Son format compact permet d’être à la fois très discret et léger sur le terrain.

Quel a été votre plus beau documentaire ou reportage, et pourquoi ?

Mon plus beau reportage c’est sans doute celui concernant la vallée sacrée au Pérou. Une randonnée de 6 jours avec l’ensemble du matériel à transporter. Les paysages étaient tout simplement incroyables.

Quel a été votre documentaire ou reportage le plus fort émotionnellement parlant, et pourquoi ?

Ce sont tous ceux avec une dimension sociale. J’ai par exemple filmé un documentaire sur l’adoption d’enfants. Un sujet sensible et émotionnellement très fort. Un autre documentaire sur les migrants anonymes dont on a retrouvé les ossements dans le désert. Puis celui sur les jeunes qui s’engagent dans des actions écolo lors de la campagne présidentielle.

Dans ce métier, il faut savoir tout faire, toucher à tout. C’est un peu comme être un chef d’orchestre. Vous confirmez ?

Adrien Rappoport

Oui, tout à fait. Le JRI est responsable d’un peu tout en même temps. Il est une équipe à lui tout seul. Il cumule les fonctions de réalisateur, rédacteur / reporter, de cameraman, de preneur de son et de monteur.

Pour être plus précis, il y a 4 phases bien distinctes dans ce métier :

  • Trouver les personnages du sujet que l’on traite,
  • Prévoir avec eux les différentes séquences,
  • Repérer les meilleurs lieux et filmer,
  • Réaliser le montage, choisir les plans intéressants, couper des séquences et rédiger un commentaire audio.

Le JRI est un professionnel de l’info qui s’adapte à toutes les situations. Un métier qui est intense car l’activité dépend essentiellement de l’actualité.

Qui sont principalement vos clients, et quels services proposez-vous ?

Mon principal client est la chaîne de télévision française TF1. Je travaille aussi pour France 2 sur les émissions Complément d’enquête et Envoyé Spécial. La chaîne de TV M6 est aussi un de mes gros clients. Dernièrement, j’ai eu le plaisir de travailler sur des projets pour la plateforme Amazon.

Depuis mon installation à Miami, je réalise également des vidéos pour les professionnels sur des projets corporates. Dans ce cas particulier, je rencontre le client, nous définissons le type de message correspondant à son entreprise et je mets le tout en forme. Mes clients viennent de divers secteurs d’activités : La ville de Key Biscayne en Floride, des avocats, des designers, des cliniques dentaires… Je les aide à raconter leur histoire en image.

Auriez-vous un conseil pour les français qui, comme vous, voudraient s’expatrier aux Etats-Unis pour s’y vivre ?

Aux USA, il ne faut pas avoir peur d’en faire trop. La persévérance est toujours récompensée. En revanche, il n’y a jamais de répit !

Pour conclure cette interview, quels sont vos projets ?

Mes prochains documentaires traitent de la guerre du climat aux Etats-Unis et sur le conflit Indo pacifique en Mer de Chine. Dans cette profession on fait souvent le grand écart. C’est très motivant et tout aussi passionnant !

Reportage : Reopening Vegas (USA)

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