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Interview expat : Pauline à Stockholm (Suède)

Interview expat : Pauline à Stockholm (Suède)

Pauline RIGAL, expatriée française
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Stockholm en Suède vous connaissez ? Découvrez un témoignage expat passionnant, riche en informations utiles sur la vie suédoise, qui ne manquera pas de vous surprendre et de vous inspirer.

La Suède, pays Scandinave assez méconnu, possède des atouts qui chaque année séduisent les nombreux expatriés qui s’y installent. C’est le cas de Pauline, jeune française originaire de Montpellier vivant depuis 2019 à Stockholm. Elle partage avec French Radar son retour d’expérience en Scandinavie : un tout nouveau mode de vie sous le signe de l’amour, de la nature, de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, si cher aux suédois.

// PROFIL DE PAULINE

  • Prénom : Pauline
  • Profession : Pricing Controller
  • Pays et Ville d’origine : France, Montpellier
  • Pays et ville d’accueil : Suède, Stockholm
  • Nombre d’années en expatriation : 4

// AVANT VOTRE EXPATRIATION

Bonjour Pauline, qu’est-ce qui vous a amené à vous expatrier en Suède et à choisir la ville de Stockholm ?

Pauline Rigal

Bonjour French Radar ! Alors, c’est un peu cliché mais je vais dire que la raison principale qui m’a amené à m’expatrier en Suède c’est l’amour ! Mais également le goût de l’aventure et l’opportunité professionnelle. En 2015, je suis partie dans le cadre de mes études pendant 1 an en Erasmus à Kristianstad dans le sud de la Suède. C’était une expérience incroyable. Et j’y ai rencontré mon compagnon originaire de Cacciola dans le nord de l’Italie. Lors de notre Erasmus, nous sommes venus en week-end à Stockholm plusieurs fois et nous avons adoré la ville, pour son ambiance, sa beauté et son mode de vie. Puis nous avons décidé à tous les deux qu’une fois nos études terminées, nous nous installerions ensemble à Stockholm. Etant un couple mixte, nous devions trouver un lieu en commun. En janvier 2019, c’était chose faite, j’embarquais dans l’avion de Montpellier à Stockholm, je faisais le grand saut dans l’inconnu, avec mes valises pleines à craquer et ma tête pleine d’ambitions, pour commencer mon travail en finance au sein d’une compagnie aérienne et pour m’installer en Suède.

Ville de Stockholm en Suède
Vue aérienne de Stockholm (Suède)

Pour construire votre projet d’expatriation, comment vous êtes-vous organisée et quelles ont été vos sources d’information ?

Tout cela s’est fait de manière assez spontanée. Ma priorité était de trouver un emploi stable d’abord. Une fois mon contrat de travail signé, nous avons cherché un logement en location via Facebook et le site internet Blocket (le eBay local). Puis en parallèle, je me suis renseignée sur toutes les formalités à accomplir à la fois pour le départ de France et pour l’arrivée en Suède. Tout cela prend beaucoup de temps et de recherches, mais demande surtout de l’organisation. Cela peut être décourageant au début mais cela en vaut vraiment la peine. Les réseaux et communautés d’expatriés sur Facebook ainsi que les blogs sont une mine d’informations précieuses et évidemment rien de mieux pour les sources d’information que les sites officiels des gouvernements ainsi que le site de l’Union Européenne.

Les formalités pour pouvoir rester dans le pays ont-elles été compliquées à remplir ?

Tout a été plutôt rapide pour ma part. Le plus important en Suède c’est l’obtention du « personnummer ». Sans lui, clairement, vous ne pouvez rien faire : souscrire une assurance, avoir un numéro de téléphone, ouvrir un compte bancaire, aller à la salle de sport, recevoir votre salaire, avoir accès à la sécurité sociale, etc. Vous pouvez l’obtenir de trois manières : preuve d’un contrat de travail de plus de 12 mois, preuve d’études supérieures ou preuve d’économies suffisantes pour subvenir à vos besoins. J’ai fait ma demande avec tous les papiers nécessaires correspondant à ma situation et j’ai reçu mon personnummer par la poste 3 semaines plus tard. Cependant, je sais que les délais varient en fonction de la situation de chacun, et depuis le début de la pandémie, les délais sont beaucoup plus longs. A la suite de cela, il faut faire la demande de l’ID-kort auprès du bureau des impôts suédois. L’ID-kort est en quelque sorte une carte d’identité d’immigré qui prouve que vous êtes résident suédois.

Quitter la France, votre famille, vos amis, votre quotidien, est-ce que cela se gère facilement ?

Honnêtement non, c’est difficile. J’ai vraiment beaucoup de mal à gérer l’éloignement avec mes proches… C’est ma plus grande faiblesse, de vaincre ce manque de ma famille et de mes amis tous les jours. Mais je me dis que je n’ai rien quitté, j’enrichis juste mon expérience de vie et nous sommes en contact permanent (merci WhatsApp), je rentre en France régulièrement et du coup nous avons encore plus de choses à partager. Par contre, la crise du Covid a été très compliquée à gérer en étant expatriée, l’éloignement forcé de mes proches, la sensation d’isolement et de se sentir « prisonnier » sans pouvoir rentrer en France si besoin, c’était une période assez traumatisante.
Ensuite, concernant le fait d’avoir quitté la France et le quotidien, cela fait partie de l’expérience et de la découverte quotidienne de l’expatriation. C’est merveilleux de découvrir de nouvelles choses, de sortir de sa zone de confort constamment mais ce n’est pas facile et c’est également très fatigant !

Huvudskär, Stockholm, Sweden
Huvudskär en Suède

// VOTRE EXPATRIATION ET INTEGRATION

Parliez-vous le suédois à votre arrivée à Stockholm ?

Je ne parlais pas du tout suédois à mon arrivée mais j’ai tout de suite commencé les cours du soir dès mon arrivée. Je faisais 6h de cours par semaine, après le travail, c’était franchement long à la sortie du bureau mais j’aime apprendre les langues. J’ai étudié comme cela pendant 2 ans jusqu’à valider tous les examens de cette école. C’est au sein d’une école publique gratuite offerte par la ville pour tous les immigrés installés en Suède (SFI). Maintenant je me débrouille en suédois dans la vie de tous les jours et c’est suffisant, mais j’avoue que j’ai un peu lâché l’apprentissage théorique du suédois dernièrement, surtout parce qu’ici tout le monde parle parfaitement l’anglais. Aussi, je ne parle qu’anglais au travail ainsi que dans mon cercle personnel, le suédois n’est donc pas forcément indispensable pour moi au quotidien.

Les cultures française et suédoise sont très éloignées et il existe de nombreuses différences culturelles

Selon vous, comment sont perçus nos compatriotes en Suède ?

Je pense que les Suédois ont une très bonne perception de la France et des Français en général, ils aiment notre pays, nos paysages du sud surtout (ils adorent Nice et la Côte d’Azur), notre gastronomie, notre style vestimentaire. Cependant, les cultures française et suédoise sont très éloignées et il existe de nombreuses différences culturelles notamment sur le caractère français qui ne se laisse pas faire et qui est plutôt sociable, en opposition au cliché du caractère suédois.

Votre intégration a-t-elle été rapide et vous êtes-vous facilement adapté à votre nouvelle vie suédoise ? Fréquentez-vous d’autres expatriés, français ou autre ?

Mon intégration a été relativement rapide car j’ai commencé à travailler tout de suite, j’ai par conséquent rencontré beaucoup de gens au travail, mais aussi lors de mes cours de suédois, à la fois locaux et internationaux. J’ai également participé à de nombreuses réunions d’expatriés qui m’ont permis d’élargir mon cercle et j’ai pu rencontrer des amis via Facebook. Il était indispensable pour moi de construire un cercle d’amis solides. C’est indispensable pour l’intégration et éviter la déprime ! Désormais la plupart de mes amis sont expatriés venant de différents pays du monde mais aussi quelques suédois. J’ai également quelques amis Français et ça fait tellement du bien de pouvoir échanger sur des thématiques communes en parlant notre langue natale !

Pour réussir son intégration, quel est le meilleur conseil que vous puissiez donner aux nouveaux expatriés ?

L’expatriation représente un véritable travail sur soi-même, je pense qu’il est nécessaire de s’ouvrir, d’être sociable, de s’intéresser aux autres et d’oser entreprendre des choses afin de réussir son expatriation.
Etant loin de nos proches, famille et amis, il est très important de se créer un cercle d’amis fiables sur lesquels on peut compter.

Djurgarden, Stockholm, Suède
Djurgarden à Stockholm (Suède)

Quels sont les changements culturels dans la vie de tous les jours qui vous ont le plus surpris ?

Tout d’abord, je dirai le rythme des journées au quotidien, en Suède nous commençons tôt le travail le matin et finissons plus tôt le soir, ce qui permet d’avoir de vrais moments pour soi après le travail pour faire des activités ou tout ce que l’on veut. Aussi, dans la plupart des entreprises les horaires sont flexibles, vous pouvez très bien commencer le travail à 6h du matin et finir à 15h par exemple, ou alors prendre une longue pause déjeuner et finir plus tard ! Tant que le travail est bien fait, les employeurs sont globalement flexibles et font confiance aux employés.
Ensuite, je dirai la sécurité, surtout en tant que femme. On se sent plus en sécurité dans les transports, dans la rue et je trouve qu’il y a très peu de harcèlement de rue.

// VOTRE QUOTIDIEN D’EXPATRIEE

Avez-vous conservé vos habitudes alimentaires françaises ?

Absolument ! Certaines habitudes bien sûr, j’achète toujours ma baguette de pain (même si le goût est incomparable à la baguette française), je reçois régulièrement des colis de ma famille avec des spécialités culinaires françaises et je goûte tous les pains au chocolat de Stockholm pour choisir lequel est mon préféré. Nous avons des habitudes de cuisine méditerranéenne que nous conservons.
Toutefois, il y a de délicieuses spécialités suédoises que je conseille pour faire le Fika à la suédoise, comme les « kannelbullar » qui sont les fameux roulés à la cannelle, les « semlor » qui sont des choux à la crème que l’on mange seulement durant le mois de février et les « köttbullar » les boulettes de viande que l’on retrouver chez IKEA ! En revanche, je ne conseille pas le « sill » qui est du hareng mariné dans toute sorte de sauces ainsi que le « smörgåstårta » une tarte à base de mayonnaise, de crevettes et d’oeufs de poisson (nous en avons un souvenir particulier avec ma mère…).

Gâteaux suédois : kanelbulle et kardemumma
Gâteaux suédois : Kanelbulle et Kardemumma Bulle

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le mode de vie suédois et inversement ?

Ce que j’aime le plus c’est l’importance qu’à la vie personnelle dans le quotidien ainsi que la confiance envers les employés et les gens en général. Il existe ici un véritable culte de l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, tout le monde fait du sport et des activités après le travail. J’aime également le respect qui existe ici que ce soit pour les personnes mais aussi pour les objets, par exemple on se sent tout à fait en sécurité dans la rue même en rentrant tard le soir, les gens font la queue tout le temps, les rues sont très propres, les objets communs sont rarement dégradés ou volés, etc. J’adore la proximité avec la nature même en pleine ville. J’aime marcher et c’est un vrai bonheur ici de faire de longues balades dans la nature.
Ce que j’apprécie le moins c’est l’individualisme de la société en général, les gens qui ne saluent par leurs voisins dans les escaliers ou alors s’ignorent si besoin d’aide dans la rue, ainsi que leur façon d’éviter à tout prix les conflits sans les régler. Les suédois sont en général bien moins chaleureux que les français. Et bien évidemment l’obscurité ! C’est vraiment compliqué à gérer en hiver lorsqu’il y a très peu de lumière du jour.

Le système de santé suédois est-il similaire à celui en place en France ?

Pas du tout ! De ce côté-là, nous le savons, nous avons beaucoup de chance en France. Ici il est très difficile d’obtenir des rendez-vous, et d’avoir un suivi médical complet et efficace en Suède. Les suédois n’ont pas vraiment l’habitude d’aller régulièrement chez le médecin et les patients sont souvent pris en charge seulement en cas d’urgence. La prise en charge est moindre. La sécurité sociale fonctionne sous forme de plafond maximal à atteindre pour ne plus avoir à payer le complément.

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Est-il facile de trouver un travail et un logement quand on désire s’installer à Stockholm ?

Pour le travail, tout dépend du domaine bien sûr, mais selon moi ce n’est pas facile de trouver un emploi à Stockholm, il y a vraiment beaucoup de concurrence et surtout envers les Suédois forcément. Evidemment le Covid n’a pas arrangé les choses. Mais avec de la persévérance c’est tout à fait possible, j’ai moi-même changé de travail en plein milieu de la crise du Covid.
Pour le logement, c’est extrêmement compliqué. Les locations sont souvent chères et de courtes durées. Il faut déménager tous les ans si on a de la chance. De ce fait, la plupart des gens se résignent à acheter un logement après quelques années et de nombreux déménagements.

Quel est le quartier de votre ville que vous affectionnez tout particulièrement, et pourquoi ?

Hornstull, du côté ouest de l’île de Södermalm, qui est l’île au sud de Stockholm. C’était notre tout premier quartier où nous avons vécu dans un petit appartement pendant presque 2 ans, j’y suis donc très attachée car j’y ai beaucoup de souvenirs. Dans ce quartier j’aime particulièrement l’île de Långholmen pour les balades au bord de l’eau, la plage ainsi que le parc Tantolunden. Il y a également beaucoup de petits restaurants et de bars sympas.

Port de Stockholm en Suède
Port de Stockholm en Suède

// VOS RACINES FRANÇAISES

La culture francophone existe-t-elle à Stockholm ?

Absolument, je pense que la culture francophone existe. Il y a une importante communauté française à Stockholm, et également de nombreux magasins/restaurants français s’implantent dans la ville. Notre gastronomie et notre art de vivre français sont valorisés ici et donc appréciés.
Les suédois apprennent souvent le français à l’école, ils sont toujours heureux de pouvoir dire quelques mots.

Vous est-il déjà arrivé d’avoir “le mal du pays” ? Avez-vous conservé des contacts avec la France et à quelle fréquence y retournez-vous ?

Oui j’ai souvent le mal du pays car je suis très attachée à mon pays et je suis très proche de ma famille. J’ai des contacts permanents avec la France et mes proches et j’y retourne souvent, environ tous les 2/3 mois.

Qu’est-ce qui vous manque le plus de l’hexagone ?

Tout d’abord, ma famille et mes amis évidemment. Ensuite je dirai la chaleur et la gentillesse des gens ainsi que la nourriture !

// CONCLUSION DE L’INTERVIEW

Les 3 mots qui résument le mieux votre aventure en Suède ?

Découverte, simplicité et lågom (qui veut dire juste milieu dans tous les aspects du quotidien et qui est une véritable institution à respecter en Suède : ni trop ni pas assez).

Et si cette expatriation était à refaire ?

Je referai exactement pareil ! Chaque décision, bonne ou mauvaise, me forge au quotidien.

Que pouvons-nous vous souhaiter de bon pour l’avenir ?

De continuer à m’émerveiller des découvertes quotidiennes, c’est une des choses que je préfère dans l’expatriation. Et puis surtout d’être heureuse et comblée dans tout ce que j’entreprends.

Vidéo : Week-end à Stockholm – Échappées belles

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