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Interview Expat : Cyril à Londres

Interview Expat : Cyril à Londres

Cyril souriant, à Londres
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Originaire de la région parisienne, Cyril s’est expatrié au Royaume-Uni pour un nouveau départ et une toute nouvelle vie. Ce passionné de rugby nous fait part de son expérience outre-Manche.

// PRESENTATION

  • Prénom : Cyril
  • Age : 43 ans
  • Situation familiale : Marié
  • Profession : Jardinier – Paysagiste
  • Pays et Ville d’origine : France >Paris
  • Pays et ville d’accueil : Royaume-Uni > Londres
  • Nombre d’années en expatriation : 3 ans

// AVANT VOTRE EXPATRIATION

Qu’est-ce qui vous a amené à vous expatrier ?

Illustration d'une ampoule symbolisant une idée

C’est la situation générale dans laquelle je me trouvais il y a 3 ans : un licenciement économique, la difficulté à retrouver du travail dans la même branche et la fin d’une relation sentimentale de longue durée. La combinaison de ces évènements m’a donc incité à tenter l’aventure de l’expatriation au Royaume-Uni.

Les formalités ont-elles été compliquées à remplir ?

Pas vraiment. Et même si à l’époque le Royaume-Uni faisait partie de l’UE, et qu’il était alors plus facile de s’y installer et d’y travailler, les démarches aujourd’hui restent facilitées.

Par exemple, pour avoir un numéro de sécurité sociale (obligatoire pour pouvoir travailler légalement et répondre à des offres de postes au Royaume-Uni) c’est une simple formalité qui ne demande pas plus d’une 1/2 journée au bureau de l’immatriculation. Les agents font généralement tout pour être parfaitement compris. C’est d’autant plus le cas quand ils ont devant eux des personnes qui arrivent de l’étranger et qui ne maîtrisent pas bien l’anglais.

Que les nouveaux expatriés se rassurent, même avec un faible niveau d’anglais tout se déroule globalement bien avec l’administration britannique !

Comment s’est déroulé votre déménagement ?

Plutôt facilement. Tout s’est fait par train (Eurostar). Jusqu’à 4 valises par trajet, au rythme d’un week-end par mois. Rien à signaler côté douanier.

// AU COURS DE VOTRE EXPATRIATION

Photo de Cyril devant le London Bridge à LondresParliez-vous anglais à votre arrivée ?

Oui, je parlais anglais. Mais bien que titulaire d’un Bac +5, mon niveau linguistique était plutôt celui d’un Bac !

Est-il facile de se loger à Londres ?

Non, et c’est à mon avis le gros problème de cette ville. Malheureusement tout en découle : le travail, les transports, les sorties… Le poste logement est juste hors de prix : Plus d’1,5 fois ce que l’on peut payer à Paris. Il faut donc de bons revenus pour se loger correctement, pas trop loin du centre.

“Cela prend du temps de comprendre comment vivent les londoniens”

Votre intégration a-t-elle été rapide et vous êtes vous facilement adapté à votre nouveau pays ?

Désolé, mais l’intégration n’est finalement pas aussi évidente que ce que l’on peut s’imaginer. Du moins à Londres. Le rythme de la vie ici est quelque peu différent. Cela prend du temps de comprendre comment vivent les londoniens. Et à la différence de Paris, il y a en fait très peu d’anglais qui vivent à Londres. En effet, de nombreuses nationalités cohabitent : sud-africains, néo-zélandais, portugais, italiens, américains, plus l’ensemble du commonwealth.

Donc ce n’est pas facile d’en apprendre beaucoup sur le pays et ses traditions via les habitants de la capitale britannique. Cependant je me suis parfaitement intégré à mon nouvel environnement où je suis pleinement heureux !

Paysage de Londres avec vue sur Big Ben
Londres au petit matin

Avez-vous des amis locaux et quels sont vos conseils pour se lier d’amitié avec eux ?

Ma grande chance a été de connaître le club de rugby gay friendly Les Kings Cross Steelers avant même de déménager. Du coup, j’ai pu rencontrer sur place 250 joueurs d’un  seul coup. Sinon il faut avouer que c’est un peu plus compliqué de se faire des amis comme en France. Et il n’y a en fait pratiquement pas de tissus social associatif à Londres.

Avec mes collègues on se donne régulièrement RDV au pub après le travail, mais ça en reste là. On ne peut pas parler de réelle amitié. Sinon le site Meetup.com est très intéressant si on souhaite se faire de nouveau amis par le biais d’activités.

Fréquentez-vous d’autres expatriés (français ou autre) ?

Oui je fréquente d’autres expatriés car à Londres on n’a pas vraiment le choix : tout le monde est expatrié ! (rire) Cependant, personnellement je ne fréquente que très peu d’expats français. L’essentiel de mon entourage est composé d’étrangers.

Cyril sur la plage, au bord de l'océanComment sont perçus nos compatriotes ?

C’est une bonne nouvelle : la France est TRES bien vue à Londres. À ma grande surprise, tout comme à ma grande gêne par rapport à d’autres collègues polonais, hongrois ou roumains. C’est parfois moins simple pour eux.

 Il y a une vraie “mode française” avec par exemple dans de nombreux endroits des décorations qui reprennent des phrases ou slogans en français. Évidemment on retrouve aussi la Tour Eiffel présente de partout. Tout comme on peut avoir en France le drapeau anglais sur de nombreux objets !

Ici on apprécie aussi la bonne nourriture française avec nos différentes spécialités, vins et fromages. Les enseignes françaises sont particulièrement courues comme Pâtisserie Valerie, Paul, Le pain Quotidien, Nicolas, Maille (la moutarde, qui a même des magasins avec toute la gamme de présentée).

Quels sont les changements dans la vie de tous les jours qui vous ont le plus marqué ?

C’est surtout la politesse et la propreté environnante qui m’ont surpris au début de mon expatriation.

Par exemple, ici on laisse spontanément les personnes sortir du wagon, ou du bus, avant d’y pénétrer. On laisse aussi, de manière tout à fait naturelle, sa place assise aux femmes enceintes ou aux personnes âgées dans les transports. Il n’y a pas de fraude et rarement des pickpockets.

Même s’il n’y a pas de poubelle autour de soi, les gens ne jettent rien dans les caniveaux et attendent dans trouver une. Très peu de chauffeurs klaxonnent et s’insultent lorsqu’ils conduisent. L’indifférence est totale concernant la manière dont les gens peuvent s’habiller et se coiffer dans la rue. Les bons et mauvais goûts cohabitent très bien.

D’un point de vue alimentaire : autant on peut trouver tous les produits du monde dans son petit supermarché du coin (comme de l’huile de Grèce, des pâtes italienne et du fromage français) autant pour les produits frais c’est nettement plus difficile. Et surtout ne pas avoir de pain français, c’est le plus dur !

“La ville de Londres a une vitalité insolente”

Quels sont les plus et les moins de votre ville et pays d’expatriation ?

Les plus :
L’offre culturelle, les sorties et le dynamisme. Londres est clairement plus cosmopolite que Paris. Il y a beaucoup moins de racisme et beaucoup plus de tolérance. Cela peut effectivement paraître paradoxal suite au Brexit, mais Londres n’est décidément pas comme le reste de l’Angleterre ! D’ailleurs le taux de chômage est à 5% (contre 15 à 20% pour le reste du Pays). Et puis la ville de Londres a une vitalité insolente. Autre point positif marquant du pays, c’est de valoriser d’avantage l’expérience et la motivation des personnes que leurs diplômes.

Notez que de très nombreux Musées sont gratuits et qu’il y a le WIFI de partout ce qui est un vrai atout pour la ville !

Les moins :
Le coût de la vie, le Brexit (dont on ne sait toujours pas où il va nous mener) et l’absence de tissus associatif.

2 gardes anglais en tenue à Londres
Les gardes royaux britanniques sont connus pour leur sang froid à toute épreuve

Pour réussir son intégration, quel est le meilleur conseil que vous puissiez donner aux nouveaux expatriés ?

Travaillez votre niveau d’anglais (en regardant des séries en V.O. sous-titrées par exemple).

Abonnez-vous à des newsletters de journaux pour connaître l’actualité. Je vous conseille le London Evening Standard.

Ensuite, soyez prêt à remettre vos valeurs en question. Soyez curieux et ouvert d’esprit. Evitez de tout comparer avec la France.

Privilégiez les contacts avec d’autres expatriés étrangers. Cela oblige à parler la langue locale.

// VOTRE QUOTIDIEN D’EXPATRIE

Avez-vous conservé vos habitudes alimentaires ?

Oui. Pour un régime équilibré il est vivement recommandé de conserver une alimentation française.

Pour info, les anglais raffolent du poulet et ils en mangeraient tous les jours à toutes les sauces. Il en est de même avec le houmous. Le dîner type c’est bien souvent sans entrée, ni salade, juste un plat principal copieux. Le dessert est assez rare.

Côté professionnel, y-a-t’il beaucoup de différences avec la France ?

Comme déjà évoqué, en Angleterre on donne beaucoup plus aux gens la chance de pouvoir faire leurs preuves, sans se focaliser essentiellement sur leurs diplômes. En revanche, on peut aussi se faire licencier très rapidement, en moins d’1 semaine. Schématiquement votre boss vous convoque au pub du coin et vous indique : “Sorry, it’s nothing personal, just business !“. Il ne vous reste plus qu’à organiser votre pot de départ le vendredi qui suit, et la semaine d’après à débuter un nouveau job dans une nouvelle entreprise. On est bien loin du système français avec les lettres recommandées, les entretiens, les prud’hommes…

Pour ceux qui recherchent un travail il existe 2 sites gratuits et sérieux que je recommande : Reed.co.uk et Jobs.theguardian.com

Je recommande aux nouveaux expatriés le site “Transport For London” pour être informé de l’état  des transports. C’est une vraie mine d’information.

Les infrastructures publiques sont-elles suffisamment développées ?

Halte aux idées reçues ! Les trains fonctionnent très bien. Il n’y a certes pas des TGV mais les trains sont confortables, spacieux, dotés des prises électriques pour vos appareils.

Les hôpitaux publics en revanche sont efficaces mais complètement débordés.

Le niveau scolaire général des élèves n’a malheureusement pas très bonne réputation. Il faut savoir que les écoles privées françaises, de la maternelle au lycée, ont la côte et sont privilégiées par les familles (non françaises) vivant à Londres.

“Londres c’est la capitale européenne des comédies musicales !”

Parlez-nous de l’offre culturelle et des loisirs proches de chez vous.

Londres est incontestablement la capitale européenne des comédies musicales. Pour bénéficier de réductions, je vous conseille de vous diriger le matin même au Kiosk Leicester Square – 42, Cranbourn Street, London, WC2H 7AN.

La place de cinéma est tout simplement hors de prix, entre £15 et £25. Du coup on regrette vite la carte UGC à 20€/mois ! Le choix des films de toute façon est plutôt décevant à mon avis. Ce ne sont que des gros blockbusters hollywoodiens. Heureusement le cinéma de l’Institut Français fait des efforts pour passer des films récents, ou bien des rétrospectives intéressantes pour les enfants comme pour les adultes.

Bus rouge sur un pont à Londres
Les bus rouges à impériale font partie de l’imagerie traditionnelle de Londres

Le système de santé répond-il complètement à vos attentes ?

Non car je considère qu’il est tout à fait médiocre. C’est le service minimum. Je recommande de souscrire à un système privé.

Est-ce qu’il est facile de pratiquer du sport dans votre ville/région ?

Oui ! Ici c’est surtout le rugby et le foot qui sont à l’honneur. Il y a aussi de nombreuses salles de sport. C’est un marché très concurrentiel et il y a tous les prix et offres d’abonnements. Les cours, tout comme les équipements sont très bons.

Cependant quel dommage qu’il n’y ait pas de salons, comme en France, pour présenter les diverses associations sportives.

// VOS RACINES

Avez-vous conservé des contacts avec la France et à quelle fréquence y retournez-vous ?

Oui et j’ai la chance de pouvoir retourner en France à peu près 1 week-end par mois. Mais du coup sur place tout se fait très rapidement.

Malgré la distance, vous sentez-vous toujours concerné par la politique en France ?

Oui. Énormément. J’ai l’impression que c’est propre aux Français et aux européens. Mes amis sud-africains, australiens et néo-zélandais se fichent pas mal de ce qui se passent chez eux en comparaison.

Qu’est-ce qui vous manque le plus de l’hexagone ?

Pouvoir regarder certains programmes de télévision, comme ceux d’Arte et de manière globale le cinéma français.

// CONCLUSION

Avez-vous d’autres projets d’expatriation ?

Mon mari est américain (Detroit – Michigan) et il a longtemps vécu à Seattle. Eventuellement cette ville pourrait être notre prochaine destination d’expatriation ! Mais rien n’est encore décidé.

Le mot de la fin ?

C’est une chance unique de vivre une autre culture. Tout simplement foncez si vous avez l’opportunité de pouvoir vous expatrier !

Vidéo sur la capitale britannique : Londres

Découvrez l’excellent reportage “Un week-end so british” de l’émission Echappées belles (diffusée sur France 5). Sophie Jovillard découvre l’Angleterre le temps d’un week-end, débutant son périple par Londres la cosmopolite, l’excentrique, la culturelle. Puis elle se rend à Brighton qu’elle découvre en compagnie de Simon Watkinson et de quelques expatriés. Enfin, elle sillonne la verte campagne anglaise jusqu’au château de Highclere. Prêt pour l’aventure ?

Vidéo : Un week-end so British

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