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Interview Expat : Bertille à Londres

Interview Expat : Bertille à Londres

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Bertille est une maman très dynamique qui vit l’expatriation à fond. Rien ne lui fait peur, pas même devoir s’expatrier régulièrement à travers les continents avec 3 enfants, 1 mari, 2 chats et 1 chien. Mission impossible ? Pas pour Bertille, multi-expatriée française survitaminée.

// PRESENTATION

  • Prénom : Bertille
  • Age : 46
  • Situation familiale : Mariée, 3 enfants
  • Profession : Professeur de français et maman
  • Pays et Ville d’origine : France – Strasbourg
  • Pays et ville d’accueil : Royaume-Uni – Londres
  • Nombre d’années en expatriation : 11

Je suis Bertille, j’ai 46 ans et je suis originaire de Strasbourg en France. Ma famille et moi avons une vie de nomades, bercée par des déplacements réguliers à travers les continents. La profession de mon mari (officier dans l’armée française) dirige en quelque sorte nos déménagements successifs. Après 11 années au total passées à l’étranger, nous sommes rodés et toujours aussi enthousiastes à l’idée de découvrir de nouveaux horizons. La question perpétuelle qui revient sans cesse : “Mais comment faites-vous ?” – La réponse est très simple : “On s’organise et on garde le sourire”.

// AVANT VOTRE EXPATRIATION

Illustration d'une ampoule symbolisant une idéeQu’est-ce qui vous a amené à vous expatrier ?

Ma toute première expatriation a eu lieu quand j’avais 23 ans, dans le cadre de mes études. Un long séjour à Bournemouth, dans le sud de l’Angleterre. De retour en France, j’ai commencé ma carrière professionnelle comme professeur de français dans un lycée, puis je me suis mariée et nous avons eu nos 3 enfants. Notre vie était sédentaire jusqu’à la promotion de mon mari. Nous avons dès lors amorcé une nouvelle vie, avec comme première destination d’expatriation : Mayotte. Le changement a été radical pour tout le monde. Viennent ensuite la Nouvelle-Calédonie, la Guyane, le Gabon, la Guadeloupe et enfin l’Angleterre où nous vivons actuellement. Mon époux c’est reconverti dans l’import-export, et moi je suis toujours professeur de français.

Les formalités ont-elles été compliquées à remplir ?

L’interview concerne notre dernière expatriation, donc pour ce qui est du Royaume-uni rien n’a été compliqué. Vous pouvez vous installer librement dans le royaume, avec tous les membres de votre famille, sans avoir besoin de visa. Un simple passeport ou une carte d’identité suffisent.

Pour la plupart des ressortissants des pays de l’espace économique européen (EEE), aucun permis de travail n’est nécessaire pour y travailler. Il est possible d’être salarié ou indépendant, mais aussi de créer son entreprise sans difficulté. C’est ce que nous avons fait !

Ville de Londres sur le logo du métro

Comment s’est déroulé votre déménagement ?

Cela a été un peu différent des fois précédentes car nous n’avions plus l’assistance de l’armée. Nous étions de retours en France depuis quelques mois, nous savions que c’était temporaire, et avions par conséquent laissé beaucoup de nos affaires dans des caisses dans l’attente de notre déménagement en direction Londres.

Cela c’est fait en 2 temps : une partie du mobilier est parti avec un déménageur 1 semaine après le début des vacances scolaires, alors que les enfants étaient chez ma soeur pour l’été, puis avec des amis nous avons fait le trajet avec le reste dans une grosse camionnette.

Concernant la douane, venant de France et comme nous n’avions rien à déclarer, nous nous sommes logiquement orientés vers la fameuse “ligne bleue” et sommes entrés sans aucune difficulté dans le pays.

Les animaux, eux,  ont fait le voyage en train (TGV + Eurostar) plus tard dans l’été. Nous leur avons épargné de longues heures de route. Tous était en règle : micro-puces / vaccinations et certificats vétérinaire. Il n’y a plus de mise en quarantaine grâce au Pet Travel Scheme (PETS).

// AU COURS DE VOTRE EXPATRIATION

Illustration avec un avion en papier et 2 mainsParliez-vous anglais à votre arrivée ?

Toute ma tribu parlait plus ou moins anglais (sauf les animaux). Les enfants avaient un meilleur niveau que nous du fait des cours privés réguliers que nous leur avons fait prendre. J’estime que parler plusieurs langues est un atout majeur dans notre société actuelle. L’avenir appartient à ceux qui maitrisent différentes langues.

Est-il facile d’acheter un logement ?

De manière générale se loger à Londres est assez cher. Comme partout les prix fluctuent en fonction du quartier et du type de logement que vous visez. Même si le marché immobilier britannique souffre depuis le vote en faveur d’une sortie de l’Union européenne en juin 2016, les prix sont élevés.

Nous habitons à South Kensington situé à 2 pas de Chelsea. « Frog Alley » comme le surnomment les Anglais, est un quartier prisé des expatriés français. Il est très proche du centre ville et dispose de nombreuses écoles primaires et secondaires, réputées pour leur enseignement, et qui sont toutes facilement accessibles à pied.

Pour vous donner une idée, et même s’il est vrai qu’en Angleterre les prix sont davantage en nombre de chambres qu’en m2, il faut actuellement compter en moyenne 18 000 £ du m2 pour acheter dans notre quartier.

Votre intégration a-t-elle été rapide et vous êtes vous facilement adaptée à votre nouveau pays ?

Concernant l’intégration nous sommes une famille très active avec beaucoup d’activités pour chacun d’entre-nous. Du coup nous socialisons plus facilement ce qui permet de mieux et rapidement s’intégrer.

Avez-vous des ami(e)s locaux et quels sont vos conseils pour se lier d’amitié avec eux ?

Grace aux enfants j’ai rencontré d’autres mamans avec qui je me suis liée d’amitié. Les Anglais sont un peuple très ouvert avec lequel il est possible de participer à des évènements. Ils se mettent en quatre pour vous aider et vous conseiller. Mon conseil est peut-être de ne pas espérer trop vite une relation amicale comme on pourrait l’avoir en France. Mais une fois que les liens existent alors vous pouvez être certain qu’ils sont profonds.

Rue commerçante de Londres

Fréquentez-vous d’autres expatrié(e)s, français(es) ou autre ?

La communauté française est très présente à Londres. Je me suis inscrite à différents cours, danse et dessin notamment, qui sont organisés par des compatriotes. Nous avons parfois l’impression d’être en France et oublions totalement le fait que nous soyons en Angleterre. C’est amusant.

Pour profiter des 2 cultures, nous essayons de maintenir un certain équilibre : 50% avec les expatriés et 50 % avec les locaux.

Comment sont perçus nos compatriotes ?

Nous sommes des mangeurs d’escargots et de cuisses de grenouilles ! Plus sérieusement la communauté française est plutôt bien acceptée à Londres. Les anglais aiment notre savoir vivre légendaire et notre goût pour les choses raffinées. Notre accent est bien entendu celui qu’ils préfèrent, suivi de l’italien.

Quels sont les changements dans la vie de tous les jours qui vous ont le plus marqué ?

Devoir conduire à gauche. Pour beaucoup ce n’est qu’une simple formalité une fois la Manche traversée… malheureusement pas pour moi. Les nouveaux réflexes de conduite ont mis du temps à remplacer ceux que j’avais. Mais comme les anglais sont bien plus relax sur la conduite que les français, cela m’a aidé à ne pas paniquer au départ.

Sinon la météo, avec des hivers très rigoureux. Même en étant originaire de Strasbourg je peux vous assurer qu’en Angleterre certains hivers sont difficiles à passer.

Quels sont les plus de votre pays d’expatriation ?

L’Angleterre est un pays magnifique. J’aime son histoire et sa culture. Comme je suis une grande consommatrice de thé, je suis ravie ici. J’ai toujours mon mug à proximité, prête à le dégainer à la moindre occasion et cela amuse beaucoup mes amies.

La verdure est ce que j’affectionne le plus. Il y a de très nombreux parcs sur l’ensemble du territoires pour ceux qui aiment s’y promener. Sinon l”arrière pays est également de toute beauté. Nous essayons de nous évader de Londres le plus régulièrement possible pour découvrir d’autres villes. Dernièrement nous avons adoré Newcastle, au Nord-Est dans le comté métropolitain de “Tyne and Wear” située sur la rive nord du fleuve Tyne. Je recommande aux expatriés qui aiment l’art, d’aller y visiter The Biscuit Factory. Ils ne seront pas déçus.

Et puis le flegme Anglais, quel bonheur ! Ils ne stressent pas et c’est très agréable au quotidien.

Magnifique coucher de soleil avec Big Ben et London Eye
Big Ben – London Eyes

Pour réussir son intégration, quel est le meilleur conseil que vous puissiez donner aux nouveaux expatriés ?

Ne restez pas chez vous et partez à la rencontre des autres. Qu’ils soient locaux ou expatriés, faites la connaissance des gens qui vous entourent. Cela me parait indispensable pour réussir son intégration. Les manifestations ne manquent pas en Angleterre et sont autant d’occasions de faire des rencontres. Faire parti d’un club (chant, cuisine, sportif…) donne également l’occasion de socialiser avec les locaux.

// VOTRE QUOTIDIEN D’EXPATRIEE

Illustration d'un soleilCôté professionnel, y-a-t’il beaucoup de différences avec la France ?

Ici les recrutements mettent l’accent sur les motivations et personnalités des candidats. Les perspectives d’évolution sont bien plus importantes qu’en France. Un vrai plus pour les jeunes.

Les horaires de travail sont généralement de 8h30 à 17h. La pause déjeuner se fait sur le pouce et les vendredis la journée de travail se termine plus tôt. Le salaire brut annuel moyen est situé aux alentours de 27’000 £ pour les salariés à temps plein. Une majoration d’environ 30 % est appliqué à ce montant dans la région de Londres.

L’âge de départ en retraite est fixé à 65 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes.

Avez-vous conservé vos habitudes alimentaires ?

Nous avons surtout conservé nos horaires de repas. Nous alternons nourriture française et anglaise. Je cuisine en fonction des saisons et des envies. L’idée est de maintenir une alimentation saine et équilibrée. J’aime expérimenter de nouvelles recettes. Ma tribu a eu droit à des spécialités typiquement anglaises comme : Fish and Chips maison / Scones (délicieux avec le thé) / Pudding au chocolat et dernièrement je me suis risquée avec de la Jelly multicolore !

Les infrastructures publiques sont-elles suffisamment développées ?

Londres est très moderne, comme le reste du Royaume. Il n’y aucune crainte à avoir.

Parlez-nous de l’offre culturelle et des loisirs proches de chez vous.

Notre ville d’adoption est réputée comme étant très chère. Je le confirme. Alors je tiens à signaler qu’avec un peu de recherche il est possible de profiter d’activités culturelles à moindre frais, voir parfois gratuites. Internet regorge de bons plans. Aucune excuse pour ne pas se cultiver.

Avant tout je recommande aux nouveaux expatriés de s’amuser à prendre les lignes bus Route #9bus route #11 et bus route # 15 pour découvrir en famille les principaux quartiers de Londres.  Les lignes 9 et 15 sont considérées comme “Heritage routes” avec la possibilité d’admirer de nombreux monuments sur le passage.

L’offre culturelle est immense à Londres et n’a rien à envier aux autres capitales. Impossible de tout citer ici mais notre top 3 :

Convent garden : pour son quartier et son marché,
Drury Lane Theatre : pour ses comédies musicales populaires,
– Primrose Hill : pour la vue panoramique sur le Central London au Sud-Est(elle culmine à 78 m).

Vue panoramique de la ville de Londres.

Le système de santé répond-il complètement à vos attentes ?

Oui. Concernant les soins dans le secteur public, ils sont pris en charge par le NHS (la sécurité sociale britannique). La consultation chez le médecin est gratuite, mais le revers de la médaille c’est qu’il faut patienter de longues semaines avant d’obtenir un rendez-vous. C’est pour cette raison que beaucoup d’expatriés comme nous ont recours à une assurance et consultent dans le secteur privé.

En matière de santé il est important de bien se faire comprendre, alors pour ceux qui ne parlent pas assez bien anglais, il est possible de consulter  des médecins français au dispensaire français. Il faut avant tout s’acquitter d’un abonnement annuel symbolique de 10 £, puis de 10 £ supplémentaires à chaque consultation. Cette option est parfaite pour les budgets serrés.

Est-ce qu’il est facile de pratiquer du sport dans votre ville/région ?

Tout à fait. Le sport occupe une place primordiale dans la vie des anglais, et la vie sociale tourne souvent autour des activités sportives. Dès le plus jeune âge les petits anglais sont incités à pratiquer une activité sportive. Il y a même 1h de sport tous les jours inscrit au programme scolaire. Il y en a davantage suivant les écoles fréquentées.

Beaucoup d’anglais vivent au rythme des événements sportifs, depuis les matchs des équipes locales jusqu’aux compétitions internationales. Les expatriés sportifs n’auront que l’embarras du choix et les autres aucune excuse pour ne pas rejoindre un club.

Voyagez-vous dans d’autres pays voisins ?

Depuis notre expatriation en Angleterre nous faisons le maximum pour découvrir notre nouveau pays. Nous ne sommes pas encore retournés en France et notre prochaine escapade se fera en Ecosse, dans la ville d’Aberdeen.

Globalement trouvez-vous le niveau de vie plus ou moins cher qu’en France ?

La vie à Londres est particulièrement chère. Surtout quand il y a 5 bouches à nourrir. Je cuisine énormément et suis une vraie professionnelle des marchés quand il est question de trouver les meilleurs produits au meilleur prix. J’avoue qu’il m’arrive de parfois marchander avec les commerçants même si cela n’est pas dans leur culture.

Le niveau de vie est assurément plus cher qu’en province, mais j’imagine qu’il est le même qu’à Paris.

Cireurs de chaussures dans les rues de Londres

Avez-vous une anecdote concernant votre quotidien d’expatriée ?

Peu de temps après notre arrivée nous sommes allés à un concert en plein air avec toute la famille. Ma fille avait faim et j’ai donc été à un stand pour lui prendre un sandwich au brie dont elle raffole. En mordant dedans, elle a immédiatement fait la grimace. Et pour cause, il y avait de la confiture de groseilles tartinée sur le brie ! Une alliance habituelle au Royaume-Uni mais que le palais de ma fille n’a pas vraiment apprécié. Chose amusante, aujourd’hui cela ne lui pose plus aucun problème. Elle varie même les parfums sur son brie.

// VOS RACINES

Illustration d'un coq aux couleurs de la FranceVous est-il déjà arrivé d’avoir “le mal du pays” ?

Comme lors de chaque expatriation, il y a, c’est vrai, certains moments durant lesquels ont pense fort à la France, à notre famille et à nos amis. Même si nous ne sommes pas loin géographiquement les coups de blues font partis de l’expatriation. Cependant rien de bien méchant car le quotidien reprend très vite le dessus.

Avez-vous conservé des contacts avec la France ?

Mais oui, bien entendu que nous avons toujours des contacts avec nos proches. Skype, FaceTime…. tous ces petits logiciels font partis de notre quotidien et nous suivent dans tous nos déménagements. Nous ne les remercierons jamais assez !

Malgré la distance, vous sentez-vous toujours concernée par la politique en France ?

Mon mari est plus concerné par la question. Je n’ai jamais été très intéressée par la politique en général.

Qu’est-ce qui vous manque le plus de l’hexagone ?

Une bonne choucroute Alsacienne, du Munster, des Kugelhopf et pour finir un verre de schaps !

// CONCLUSION

Avez-vous d’autres projets d’expatriation ?

Celui d’aller passer notre retraite en France ?

Si vous deviez choisir un tout dernier conseil pour les futurs expatriés français, lequel serait-il ?

Rien n’est compliqué dans une expatriation si vous vous ouvrez aux autres cultures. Soyez curieux. Le reste n’est qu’une question de temps !

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