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Coaching Expats : L’expatriation et le couple

Coaching Expats : L’expatriation et le couple

Couple en expatriation devant une grande fenêtre à New York
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L’expatriation est avant tout une aventure humaine que chaque conjoint vit à sa façon. Mais attention de ne pas négliger les difficultés que cela peut créer dans votre couple.

Introduction

Tout quitter et poursuivre sa vie dans un autre pays que le sien est synonyme de nouveaux projets et de belles perspectives… néanmoins il ne faut pas négliger les difficultés que cela peut créer. Cristina Vilarinho, notre coach partenaire spécialisée dans les problématiques de couple, nous donne ici un éclairage sur ce sujet, et nous propose des pistes pour éviter les pièges liés à cette situation.

Portrait couleur de Cristina Vilarinho, Coach de vie francophoneL’expatriation est un bouleversement majeur dans un couple

Les raisons d’une expatriation sont multiples. Il peut s’agir d’un projet commun au couple, mais dans la majorité des cas se sont des raisons professionnelles, notamment la carrière de l’un des conjoints qui est à l’origine de la mobilité.

Dans 9 cas sur 10, c’est la femme qui suit son mari (chez les couples hétérosexuels qui décident de s’expatrier). Cette écrasante majorité s’explique avant tout par des raisons économiques. En effet, c’est très majoritairement celui qui a le salaire potentiellement le plus élevé qui déclenche ce changement. Les hommes continuant de gagner 25% de plus que les femmes, ce sont ces dernières qui doivent généralement mettre en suspens leur vie professionnelle au profit de celle de leur époux.

Cela ne vous semble pas juste ? A moi non plus, pourtant, c’est la réalité des statistiques et cela explique beaucoup de choses dans la complexité à vivre l’expatriation dans un couple.

Comme dans tout grand changement une phase d’adaptation est nécessaire.

Les couples expatriés sont exposés à des situations qui peuvent être très coûteuses moralement. Il faut être en mesure les premiers mois d’être dans une adaptation permanente !

Les émotions et sentiments auquel chacun des conjoints fait face sont alors aussi très différents.

Une nouvelle façon de voir son couple

Les émotions liées à l’expatriation ne sont pas similaires en fonction du positionnement de chacun dans le couple, et de la reprise ou non de l’activité professionnelle.

Si l’on suit les statistiques voici comment les choses sont vécues :

Jeune homme triste d'un couple en crise

Les hommes vivent généralement leurs émotions de façon indépendante et échangent peu. Le stress lié aux nouvelles responsabilités et la crainte de l’erreur sont constamment présents. En effet, un échec de leur part signifierait la fin de l’aventure dans laquelle ils ont embarqué tous leurs proches et menacerait la sécurité financière de la famille (qu’ils assument souvent, et parfois pour la première fois seul).

Jeune femme triste au bord de la fenêtre

Les femmes, même si elles échangent plus, rentrent facilement dans un isolement lié au bouleversement identitaire qu’elles vivent. Suivre son conjoint c’est souvent laisser derrière soi son travail. Or de la vie professionnelle génère une vie sociale, des stimulations et de l’intérêt au quotidien. Cela peut générer un bouleversement dans la conception de son image de soi, voire un sentiment de perte d’identité. On devient la “femme de…”, et cela génère une perte de statut professionnel et social. A cela vient s’ajouter la perte du sentiment d’indépendance, puisque l’on ne peut plus pourvoir à ses besoins de façon autonome.

Les conséquences

L’ensemble de ces changements peut créer de la distance et des ressentiments.

La distance se renforce à mesure que l’incompréhension naît entre les partenaires, et potentiellement quand l’un a l’impression de bénéficier de peu d’empathie de l’autre et de validation de ses ressentis.

Couple d'expatriés sur un banc devant le Golden Gate à San Francisco
Attention à la distance dans le couple

Les 4 pièges à éviter

Si vous identifiez votre situation à ce que vous venez de lire, je vous propose d’être attentif ensemble aux pièges récurrents à éviter.

1) Ignorer le rythme de l’autre

Les deux partenaires ne vivent absolument pas les mêmes journée : l’un travaille intensément pour la gestion de sa carrière, prend ses marques dans son nouveau poste, l’autre est à la maison et assure des tâches plus domestiques allant de l’éducation des enfants, à la gestion admirative du foyer. L’intensité du travail et l’implication que chacun a au quotidien sont au même niveau, néanmoins les attentes de chacun le soir venu seront diamétralement opposé : monsieur recherchera un moment de détente quand madame aura besoin d’accompagnement dans la gestion des tâches domestiques.

Les zones de conforts de chacun étant mises à mal, l’énergie déployée à trouver un équilibre et s’adapter demande un effort énorme. Difficile alors de consacrer à son conjoint l’attention qu’il mérite. Pouvoir se mettre dans les baskets de son partenaire à ce moment-là relève du challenge !

Etre plongé dans ses contrariétés se transforme régulièrement en replis sur soi même et une incapacité de voir les difficultés de l’autre.

2) Penser que l’on aura le temps de se retrouver

Laborieux pour le couple, dans ces conditions, de conserver du temps pour alimenter son intimité, avoir des loisirs en commun et échanger autour des expériences, des moments importants vécus par chacun au cours de sa journée (attention ne pas confondre échanges avec la longue énumération des tâches logistiques et administratives réalisées ou à réaliser!). La complicité entre les conjoints s’éteint progressivement et ce processus les éloigne l’un de l’autre. L’expatriation ici n’est pas la cause, c’est de façon générale un facteur qui fragilise couple. Lorsqu’on ne passe pas assez de temps avec l’autre, on risque de se sentir éloigné de ses préoccupations et potentiellement de sa personne.

Le processus d’éloignement est amplifié lorsque l’un des conjoints doit voyager régulièrement, et que l’autre est laissé seul dans le pays d’expatriation avec un sentiment d’ennui ou de surcharge de choses à gérer. Les tensions naissent des périodes d’éloignement.

Lorsque l’on se retrouve les retrouvailles peuvent être positives et heureuses, mais le temps que l’on pouvait avoir ensemble peut également être synonyme d’ajustement, reproches et mal entendus. Se reconstruire constamment pour retrouver un peu de paix à la maison est usant.

On se dit qu’avec le temps tout cela s’arrangera, hors c’est le contraire. Le temps joue en défaveur du couple et les mauvaises habitudes prennent place.

Jeune couple moderne marchant dans l'eau
Les tensions naissent des périodes d’éloignement

3) Taire son stress

Le stress est une composante systématique les premiers mois d’une expatriation. C’est un sentiment commun car en effet se réinventer et sortir de sa zone de confort fait partie des bouleversements émotionnels. Nous ne sommes pas égaux face à ce stress, certain le gèreront mieux que d’autres.

Il est donc fréquent qu’au sein d’un couple, l’un des partenaires soit en souffrance, ne réussisse pas à le verbaliser et que l’autre ne s’en rende pas compte.

Habituellement ce stress était géré avec les proches, la famille, amis, loisirs habituels, lieu préféré… mais avec l’expatriation toutes ces émotions sont reportées sur le partenaire qui va être le premier recours. Ne pas parler de son stress complique la tâche.

Le couple est porteur de nombreux enjeux, dont celui de soutien de son partenaire. Les conjoints vont dépendre énormément l’un de l’autre.

4) Sous estimer le renouveau professionnel

Le dommage collatéral de cet exil est l’obligation de quitter son emploi, de faire une pause voire de renoncer à sa carrière : cet obstacle est colossal à surmonter pour des femmes qui étaient investies professionnellement au même titre que leur conjoint. C’est une autre réalité statistique, beaucoup de conjoints expatriés peinent à retrouver un emploi qui corresponde à leurs compétences ou à leurs prétentions salariales.

Il en découle une source évidente de frustrations qui, ajoutée à la distance géographique de son entourage, le choc socio-culturel ou plus généralement le bouleversement de ses repères personnels, peut rapidement mener à de lourdes tensions conjugales et à un douloureux repli sur soi. Le risque est que cela pèse comme un sacrifice pour l’un des conjoints. Monsieur pourra ressentir une dette vis-à-vis de madame qui l’a suivit. Un déséquilibre peut alors se jouer dans le couple.

Couple d'expatriés allongé dans l'herbe
Le choc socio-culturel peut rapidement mener à de lourdes tensions conjugales

Des solutions existent pour votre couple

Je vous propose de mettre en place dès à présent quelques petites actions de prévention qui permettront à votre couple de dépasser ou d’éviter ces difficultés. Pas de craintes à avoir, beaucoup de choses peuvent se résoudre, rien n’est figé. Nous allons faire en sorte que votre expatriation fasse un bien immense à votre couple et à votre famille.

1) Communiquer

La communication est le socle de tout fonctionnement d’un couple, expatrié ou pas.
Instaurez quotidiennement un temps pour vous exprimer sur votre journée vos ressentis.

Comment :
On communique de manière assertive, respectueuse et non accusatrice. C’est la clé pour l’écoute soi active.
Dialoguer au quotidien vous permettra d’affronter l’ensemble des problèmes que vous rencontrez au quotidien qu’ils soient matériels ou émotionnels. Il est important d’oser se dire à l’autre, exprimer ce que l’on ressent à son partenaire. Etres tous les deux sur le même niveau d’information pour affronter ensemble les épreuves. On supprime ici le syndrome boule de cristal qui consiste à penser pour l’autre ou imaginer qu’il comprend la situation car il est dans notre tête !

2) Donner de la place au couple

S’installer et se sentir bien dans un nouveau pays peut rendre du temps. Il est donc important de ne pas laisser le quotidien et les impératifs prendre le dessus. Il faut retrouver des moments de couples de qualité où vous pourrez partager de bons moments loin de vos préoccupations communes.

Comment :
On planifie des rendez vous, on les rentre dans l’agenda et on s’y tient ! Choisissez le format : déjeuner, diner, sortie cinéma, sport ensemble, visite de musée … vous avez l’embarra du choix et une superbe opportunité de découvrir votre nouvelle ville ensemble.
Vous fixez dans l’agenda des rendez vous récurrents et vous vous y tenez comme s’il s’agissait d’un rendez vous professionnel. Ces rencontres seront votre ressource pour traverser les différentes étapes plus complexes auxquelles vous pourriez faire face. La découverte partagée de votre nouveau pays est une belle opportunité de vivre votre expatriation sous l’angle du plaisir.

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3) Prendre son indépendance

Il est aussi important de se retrouver en tant que couple que de se retrouver soi même. Rester dans le : “je suis la femme de Monsieur,  je l’ai suivi” peut être assez dégradant pour l’image de soi. Lorsque l’on est déraciné, livré à soi-même une grande partie de la journée, on doit apprendre à sortir de sa zone de confort. S’ouvrir rapidement à son nouvel environnement et oser des prises d’initiatives qu’ont n’auraient pas imaginées sa “vie d’avant” est une formidable façon de regagner son indépendance.

Comment :
Posez vous pour réfléchir à la vie qui vous ressemble, celle dans laquelle vous vous sentiriez épanouie. Faire des choses qui vous font plaisir et qui vous renforcent, c’est aussi prendre soin de vous pour pouvoir prendre soin l’un de l’autre ensuite.
Voir des amies, rechercher un travail, se reconvertir professionnellement… c’est vous qui choisissez !

Mains d'un couple formant le symbole d'un coeur
Apprendre à sortir de sa zone de confort

4) Socialiser

L’isolement n’apporte rien de positif dans votre situation. Il faut recréer un nouveau réseau, les ressources externes qui vont vous aider à affronter les difficultés et qui vous donneront un coup de main quand vous aurez besoin de quelqu’un pour garder les enfants par exemple. Plus vite vous vous sentirez chez vous dans votre nouveau pays et plus la charge qui pèse sur votre couple comme recours principal s’allégera.

Comment :
Cela peut être vous inscrire dans les associations d’expatriés, accepter le café avec les autres parents à la sortie de l’école, participer à un cours de sport pour rencontrer des personnes. Socialiser est essentiel, seule ou à deux au choix. Vous vous rendrez compte que vous n’êtes pas seul dans votre situation.

5) Demander une aide extérieure

Si vous ne réussissez plus à communiquer, ou ne retrouver plus la confiance qui vous permettait d’affronter tout auparavant, n’ayez pas peur de demander de l’aide. Le couple est une organisation en constant mouvement qui n’a pas toujours les ressources pour prendre de la hauteur et reprendre avec un regard nouveau.

En présence d’un tiers ( un coach ou un thérapeute), on réapprend à communiquer ses besoins sans blesser le partenaire. Avant que s’installe tristesse, rancune, reproches constantes, consulter à deux est une solution pour reprendre le dialogue et tenter de restaurer un dysfonctionnement.

Si il est trop tôt pour débuter le travail à deux, vous pouvez choisir d’avancer dans un premier temps individuellement.

Tout est possible, mais il est urgent d’AGIR !

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